Culture et mondialisation …
On a tant espéré que la révolution des technologies des communications puisse mettre fin aux rivalités entre les peuples (dues surtout à l’ignorance de l’autre), rapprocher les cultures et faire revivre celles qui étaient en voie de disparition… Ceci était techniquement possible, mais plusieurs facteurs ont empêché ce processus : Les pays du sud ne peuvent pas suivre le rythme de cette évolution (et donc ils ne pourront pas en profiter) car leurs problèmes sociaux, économiques et politiques sont loin d’être résolus …
Dans ces circonstances, la mondialisation tendrait à uniformiser les cultures ou plutôt à américaniser le monde. Ainsi, les peuples des pays de sud se sont retrouvés devant un flux d’informations qui met en cause leurs cultures et promeut un mode de vie qui ne convient pas souvent au niveau de développement de leurs sociétés, à leurs histoires et à leur foi … Face à cela plusieurs réactions peuvent surgir.
La plus naturelle est l’effacement identitaire et l’imitation aveugle de l’autre ce qui est tout à fait explicable car selon Ibn Khaldûn :
« La raison en est que l’âme voit toujours la perfection dans l’individu qui occupe le rang supérieur et auquel elle est subordonnée. Elle le considère comme parfait, soit parce qu’elle suppose faussement que sa propre subordination n’est pas une suite naturelle de la défaite, mais résulte de la perfection du vainqueur. »
La deuxième réaction qui est plus « défensive » consisterait à un repli sur soi afin d’éviter toute influence extérieure.
Les deux réactions citées reflètent un manque de confiance en soi et conduiront toutes les deux aux désastres car elles engendreraient la continuité des rivalités ayant conduit aux guerres les plus destructrices de l’humanité.
La solution consisterait selon Roger Garaudy à:
« Réaliser une révolution culturelle profonde qui donne à la culture sa véritable mission : non plus nous acheminer par le positivisme athée et l’individualisme vers le désespoir, mais faire prendre conscience des fins et du sens de la vie et de l’histoire. »
Pour ceci, il fallait avant tout faire un effort personnel afin de bien connaître sa propre culture et son apport à la civilisation humaine, connaître la culture d’autrui loin de toute vision réductrice, et enfin faire valoir sa culture à la lumière des spécificités et des points communs qu’elle a avec celle d’autrui.
Je cite ici ce qu’a dit Goethe : « Qui se connaît soi même et connaît les autres saura également reconnaître ceci : L’Orient et l’Occident sont indissolublement liés. »
C’est en mettant en évidence la complémentarité et les richesses de leurs cultures que les humains pourraient construire une civilisation dans le cadre du respect de la planète, de l’environnement et de la dignité humaine. Ceci apporterait l’âme d’une nouvelle vie en commun pleine d’espérance et de progrès.
Chamseddine
Le paradoxe de l’affamé sans dents à la fève
C’est l’histoire d’un bonhomme qui a faim. Il a tellement faim qu’il serait capable de manger du sable. Ça faisait tellement longtemps qu’il n’a pas mangé. Tellement longtemps que son estomac s’en est retrouvé rétréci, fragilisé par toute cette quantité de suc digestif qu’il produit dès que le bonhomme pense à la nourriture.
Mais cet homme a un trésor dans la main, un trésor qui peut lui sauver la vie : il a une fève. Mais il ne peut pas la manger. Pas de chance, le bonhomme n’a aucune dent dans sa pauvre bouche toute sèche. L’avaler entière serait suicidaire. Son estomac ne supporterait pas le choc avec cet aliment compact. Que faire ?
Un proverbe Tunisien dit que donner une fève à un bonhomme qui n’a pas de dents serait gâchis. En effet, cet homme est incapable de manger la fève. C’est dommage. C’est dommage aussi qu’en étant citoyen de ce pays où on est libre de s’exprimer, de dire ces opinions, de crier haut et fort ses principes, qu’on ait dans les mains un outil aussi puissant que cette liberté. C’est dommage de bénéficier de cette liberté reconnue par le pays entier, jusqu’aux plus hauts fonctionnaires de l’état, et de rien en faire. Dommage de jouir de cette « démocratie » acquise de droit, incontestable et sur le fondement de laquelle tout le monde est d’accord. Oui, c’est dommage, parce que les français ce sont des bonhommes sans dents à la fève. Ils ont la fève mais ils ne savent pas trop quoi en faire. On leur dit : « d’accord là ça ne va pas trop comme vous voulez mais vous pouvez changer ça ! » Ils disent : « Bof, on en a rien à faire, les politiciens sont tous pareil, et puis qui fait quoi déjà ? Fabius c’est le ministre de l’environnement ? »
Cependant, les français ont faim de changement. Ils en seraient capables de voter les yeux bandés. C’est ça le pire. On entend : « Ouais, lui il est sympa il parle bien à la télé, je crois que je vais voter pour lui ». Ça serait comme avaler la fève entière.
Non, les politiciens ne sont pas tous pareil : si on pense qu’ils sont tous cons, eh ben pourquoi ne pas voter pour le moins con ? Il doit bien y en avoir un non ? C’est mathématique.
Au moment où j’écris les résultats des élections ne sont pas encore apparus. Doit-on s’attendre à quelque chose du même genre qu’en 2002 ?
A suivre …
Monia
Identités et sociétés
On entend toujours parler de l’identité, de problème d’identité, de renégat d’identité, voire conflit d’identité. À quoi correspond l’identité ? C’est quoi au juste ce terme ? Et pourquoi devrait-on la conserver? Sinon comment la conserver?
Jeune on me dit t’es tunisien arabe et musulman voire d’une certaine tribu avec ses qualités et ses défauts, on entend dire par cela que je dois parler arabe, ou à défaut un dialecte apparent, et pratiquer l’islam comme religion, encore faut-il que j’aie une religion, et dessus tout je dois suivre les traditions tunisiennes pour imposer -du moins montrer une certaine fierté- ma culture. Le problème dans tout cela n’est pas la nature elle même de ces identités mais le facteur commun qui en décide de ces composantes qui n’est autre que mon environnement de naissance. Supposons que moi-même je suis né en argentine et bien je serai plus tunisien mais argentin (cela va de soi) et par conséquence je dois suivre la culture argentine et le modèle argentin. Et moi dans tout cela, pourquoi me choisirai-je un modèle à moi fabriqué de toute pièce selon les convictions dont je suis convaincu, des convictions que j’accepte et que j’adopte pas des convictions qui me sont imposées, certes cela ne nécessite pas un grand effort j’ai qu’à me dessiner un modèle et le suivre, sauf que dans ces conditions je serai probablement nié par mes semblables tunisiens et pas totalement accepté par une autre communauté pour une seule raison, que je serai toujours considéré comme tunisien quoique je fasse, on dirait un sort qui m’est jeté (c’est pas le cas si ça rassure quelques uns). Vous me direz pourquoi? Eh bien l’être humain accepte l’autre dans sa bulle tant que ça lui convient, le jour où il y a un désaccord la première chose qui apparaît en surface est la différence des cultures et les origines de l’autre : “il est vraiment sympa lui, mais dommage il fait des bourdes parfois. Normal vu ses origines ” hé oui ’ses origines’ ce truc qui nous lâchera pas toute notre vie. On n’a qu’à regarder l’histoire humaine pour s’en rendre compte, ex en argentine on donne le surnom “el turco” pour ceux qui ont des origines arabes et ce jusqu’à maintenant même si la dernière grande vague d’immigrants arabes date d’un siècle maintenant, d’ailleurs ça date de l’empire ottoman le surnom.
Tout cela pour dire qu’en fait on ne choisit pas son identité mais on l’hérite, pourtant on l’assume. Le plus souvent face à une telle situation deux réactions se montrent, la première et de faire tourner son dos à tout ce qui le lie à cette “identité” ou cette “définition”. Aussi bien ses défauts que ses qualités et c’est le chaos total. On s’imprègne d’une nouvelle identité, une nouvelle vie, une nouvelle culture et pourtant il en reste des résidus de son ancienne culture, des résidus qui lui font des piqûres de rappel de temps à autre, des piqûres qui font le plus souvent mal. La deuxième est de se replier à son identité, s’en fermer et refuser tout intrus. Ce qui ramène le plus souvent à une attitude agressive envers l’autre puisque tout étranger est accusé d’être le diable qui veut convertir tout le monde et dissoudre leur culture. Mais surtout ça donne un effet de stagnation de culture. Ce refus d’ouverture, en prenant de l’ampleur et devenant un phénomène de société, la ramène à s’arrêter sur ses acquis et arrêter ainsi toute possibilité de développement culturelle soit-elle ou sociale.
Finalement le problème se pose plus au niveau de la société qu’à celui de l’individu. En effet le choix de l’individu a une influence assez limitée, elle concerne un cercle assez restreint. Par contre l’attitude de la société ou plutôt le choix de la société touche beaucoup plus d’individus, par conséquent il a plus d’influence et ça peut engendrer des dégâts importants quand c’est mal encadré. On peut prendre exemple certaines sociétés anciennement colonisées. Après l’indépendance, deux attitudes globales sont à constater. La première, qui a surtout accompagné la marche vers l’indépendance, considère l’occupant comme un mal absolu. Donc on refuse tout ce qui a le moindre rapport avec cet occupant et l’évolution ne doit se baser que sur les valeurs de la société sans pour autant ce contenter de critiquer ou de changer ce qui devrait l’être. Cette attitude n’était pas organisée ni étudiée. C’est une réaction spontanée adoptée par la société ou ce qu’on appelle plus communément le peuple. La deuxième attitude est celle adoptée par une poignée d’hommes au pouvoir. Ou plutôt ceux qui ont pu se procurer le pouvoir à ce moment et qui avaient posséder les reines du pays. Celle là considère le colon comme exemple à suivre, vu qu’il est plus développé. Cette attitude ira parfois jusqu’à nier voire effacer certaines valeurs et repères de la société au profit de celles importées d’ailleurs. Ce point de vue a été appliqué et imposé au reste. Le problème n’est pas le modèle en soi mais le fait que son application soit imposée sur une société qui le refuse d’ores et déjà, ça devient encore plus important quand on fait de sorte de ne pas entendre l’autre voix. L’autre voix est la troisième attitude qui n’est autre qu’une adaptation des deux dernières attitudes. Son principe est simple, il faut préserver les repères de la société et ses valeurs et faire adapter les développements d’autrui, on conclut que le modèle social d’autrui est toujours refusé. Ce dernier point est en désaccord avec le modèle imposé qui se base sur une idée importante “tout le mal vient du modèle social, il faut le changer pour pouvoir évoluer”, une idée qui n’est pas adopté par tout le monde. C’est autour de cette idée que se pose toute la polémique. Est-ce le changement social qui conduit au développement technologique scientifique et autre ou est-ce le développement qui pousse vers le changement social ? Même plus est-ce que le changement social est si nécessaire que ça ?
Hamza
Etudiants Tunisiens en France
Un coup de fil au mois d’août et hop la nouvelle tombe, admis dans une école d’ingénieurs en France. Une nouvelle de quoi être fier, mais d’où vient cette fierté? N’y a-t-il pas d’écoles d’ingénieurs en Tunisie? Et s’il y en a, ne permettent elles pas une aussi bonne formation que ses collègues françaises? Des questions qu’on ne pose jamais après deux années de labeur en école préparatoire. Oui, il existe des écoles d’ingénieurs en Tunisie. Oui ces écoles donnent une bonne formation, pas toutes les écoles mais au moins quelques unes les plus réputées. Alors pourquoi cette fierté? Pourquoi ce choix de migrer?
Un premier facteur peut être relevé, c’est le facteur social. En effet dans une société telle que la tunisienne le fait d’être admis dans une école française donne de l’estime dans le cercle familial du concerné. Ce qui fait qu’il ne réfléchit pas trop, “C’est un génie, il a passé le concours chez les français et on l’a accepté”, ” l’état l’envoie continuer ses études à l’étranger”. Ce sont des commentaires de ce genre qu’on entend quand on a “décroché” une admission dans une école d’ingénieurs. Pourtant ces commentaires sont faux ou plutôt sont des flatteries non justifiées. Le fait qu’on soit admis dans un concours n’a rien de génie il y en a des génies qui font la faculté des sciences à Tunis ou à Sfax, réussir un concours est aussi le fruit de deux années de bourrage de crâne en école préparatoire où on apprend toutes les astuces des concours, attention ceci ne nie pas le fait que les “taupins” comme on les appelle ont des pré requis leurs permettant de supporter cette formation. L’état certes donne une bourse d’études pour ses étudiants selon un critère précis mais l’étudiant peux rester en Tunisie ce n’est guère la volonté de l’état mais plutôt une habitude qu’on perpétue et qu’on réanime selon les règles du jeu en place, des règles qui ne dépendent ni des étudiants ni des concours mais de facteurs politiques.
Aussi en Tunisie il y a une sorte de regard idyllique pour la France, sans oublier que c’était l’occupant qui nous a offert une indépendance en 1956, on reste lié à sa civilisation tant sur le plan économique que sur le plan culturel. Nous nous inspirons de ses méthodes dans l’enseignement dans l’économie voire parfois dans les symboles culturels de la société qui se reflètent dans les médias, seulement ce n’est que l’apparence qu’on copie. Ceci joue un rôle important dans ce choix de migration. En même temps il y a aussi ceux qui choisissent d’immigrer parce qu’ils sentent qu’ils ne peuvent pas mener la vie qu’ils veulent chez soi, soit parce que leurs idées ne concordent pas avec la norme de la société et ils se sentent donc opprimés voire frustrés soit parce qu’ils pensent qu’il leur faut une expérience dans un pays de droit comme la France pour pouvoir avancer les choses dans le pays.
Entre fausses idées, rêveries et recherche de l’idéal se partagent ces tunisiens qui, un jour, se sont trouvés en statut d’immigrés à la quête d’une gloire, d’une fortune ou d’un rêve d’une vie meilleure.
Hamza TRIKI
Subir les lois
Mardi 11 Avril 2006 :
J’ai lu le « 20 minutes ». A chaque fois que je lis ce journal, il y a un truc qui me donne la rage. Cette fois, c’était à la page 8 : « Villiers accusé de sortie de piste ». Ça parle de Philippe de Villiers. Ce dernier, à la tête du parti nationaliste « Mouvement Pour la France » crie sur tous les toits que les employés musulmans de l’aéroport de Roissy sont une menace pour la sécurité de l’aéroport, et n’hésite pas, pour argumenter son point de vue, à montrer à la télé (« Le Vrai Journal », canal+) des soit – disant preuves que ces gens sont des « admirateurs » de Ben Laden. Dans le site de son parti, il est écrit : « Le 11 septembre 2005, Philippe de Villiers annonce sa candidature à la Présidence de la République pour faire face à deux urgences : stopper l’islamisation progressive de la société française qui est en train de basculer dans le communautarisme. Et, face au mondialisme des élites politiciennes, proposer un patriotisme populaire, moderne et ambitieux »
Mardi 02 Mai 2006 :
Je lis dans la presse ces propos attribués à Nicolas Sarkozy : « Si certains n’aiment pas la France, qu’ils ne se gênent pas pour la quitter ». Discours tout droit sorti des grottes du FN. Ça m’a rappelée les élections de 2002. Maintenant je me rends compte à quel point j’étais optimiste et naïve quand je me disais que la France était à l’abri de l’extrémisme. De peur d’un extrémisme religieux, la politique française est tombée dans un extrémisme du même genre : Immigration à la carte, nous dit-on. Le projet de loi sur l’immigration de Sarkozy aurait été légitime s’il n’était pas accompagné de cette vague de haine, rendant encore plus difficile l’intégration des étrangers et déclenchant une espèce de phobie et de paranoïa réciproques.
Les premières victimes de ce n’importe quoi politique sont malheureusement nous. Est-ce que j’aurai les mêmes opportunités qu’un français à l’embauche ? Mes amis français seront-ils influencés par les politiciens et les médias ? Me regardera-t-on pareillement aujourd’hui que dans un, deux ou trois ans ? La rue, les papiers, l’emploi…
Supporterai-je de subir les conséquences imminentes de ces doctrines ?
Monia RKHAMI
Politique, Religion … Les tabous
La dernière fois en cours d’anglais, la prof qui est anglaise a demandé qui était présent à la grande manifestation contre le CPE. A ma surprise ou non, un seul élève a levé son doigt et il était grec. Il y a une vingtaine dans le groupe tous des français sauf moi et personne n’y était. Peut-être parce qu’ils sont pour le CPE ? Et bien non, ils ont répondu que ça ne les regarde pas. Mais la meilleure réponse était « ici on ne discute ni de religion ni de politique ». Le ici est une école d’ingénieur.
Je me disais peut être que c’est juste dans mon école et bien non c’est dans toutes les écoles d’ingénieurs, si on discute de religion au premier quart du tour on te sort la grande armada : on est dans un pays laïque. Oui je veux bien croire à cela mais ça veut tout simplement dire que l’état n’a pas de religion, que lorsque je remplis un formulaire je ne mentionne pas ma religion, et aussi que toutes les religions sont respectées et peuvent être pratiquées en toute liberté et sans descrimination. Mais ça ne veut surtout pas dire qu’on n’a pas le droit de discuter de religion, et là je ne parle pas de prêcher pour une religion ou une autre mais tout simplement de la philosophie de la religion et des croyances. Et bien non, il paraît que j’ai pas le droit de discuter de ça dans un pays laïque ce qui veut dire qu’un pays laïque est un pays d’anti-religion, il a choisi la non-religion comme religion. Un peu tordu !!
L’autre aspect c’est la politique, pendant la crise du CPE, des universités étaient bloquées pendant des semaines, dans d’autres il y avait juste des grèves. Et dans les écoles d’ingénieurs rien, on penserait qu’on est sur une autre planète. Même pas un débat concernant cette loi et malheureusement ce n’est pas parce qu’on est unanimement d’accord avec la loi mais tout simplement parce que les élèves ingénieurs ne se sentent pas concernés par ça d’ailleurs ils ne sont concernés par rien dans la vie politique. A les voir on croirait que les ingénieurs forment une classe sociale à part qui est à l’abri de toutes les lois et les crises sociales, ils toucheront toujours un bon salaire et limite ils s’en foutent du reste de la société. Peut-être que j’exagère un peu mais on ne voit aucunement la moindre motivation ni intérêt des élèves ingénieurs à cette vie politique voire ils s’empêchent de s’en intéresser.
Je ne pensais pas que ce problème puisse exister dans un pays qui se veut pays de droits de l’homme et de liberté d’expression, mais il parait que quand on te laisse le choix d’exercer tes droits pleinement parce qu’ils sont acquis et non mérités et bien tu les mets de coté.
Les uns se battent pour ce que d’autres l’ont et n’utilisent pas.
Hamza TRIKI

