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Immigrés sans visa

Histoire des mots

Les Français ne savent peut être pas tous que la France ne parle pas que sa langue. Car les mots arabes qui la peuplent  se comptent par centaines. Ils sont entrés sans visa ni contrôle, ils envahissent le quotidien des Français. Certes, certains d’entre eux sont des termes scientifiques qui relèvent surtout du domaine des mathématiques (chiffres, algèbre, algorithme) mais d’autres font partie de la vie de tous les jours. Tout naturellement, ils se sont installés dans le français, l’ont enrichi et sont devenus simplement indispensables. 

 CAUSES ET CONSEQUENCES DE L’UMPRUNT

Plusieurs raisons expliquent l’emprunt lexical. Tout d’abord, un mot pour un signifié nouvellement apparu peut manquer dans la langue empruntant le mot. Ainsi, quand de nouveaux animaux, des plantes ou des instruments alors inconnus ont été découverts, leur nom a souvent été directement emprunté aux langues des pays qui les abritaient. Par exemple le mot le mot girafe « zarafa » qui a été emprunté à l’arabe puisque ce sont les arabes qui ont représenté un pont entre l’Afrique et l’occident et donc découvert plusieurs animaux, plantes…de l’Afrique. Le mot café remonte lui aussi à l’arabe « qahwa », transmis au turc sous la forme qahve et passé après en français.

Plusieurs termes français empruntés à l’arabe révèlent des domaines scientifiques. Si l’on songe à l’apport des savants arabes au développement scientifique de l’Europe deux domaines se révèlent directement: les mathématiques et l’astronomie. La civilisation arabe a inventé le système de numérisation utilisé dans le monde entier, l’algèbre, les méthodes de résolution des équations … C’est pour cela que les termes mathématiques sont peuplés de mots arabes comme chiffre qui vient du mot arabe « sifr » qui veut dire zéro et algorithme qui vient de « Al-khawarizmi » le nom d’un grand mathématicien arabe.

En ce qui concerne l’astronomie, on constate que la nomenclature des termes employés est riche en appellations arabes puisque un grand nombre d’instruments de mesure ont été développés par des savants arabes. Les noms les plus connus sont la boussole et l’astrolabe. D’autre part, l’emprunt devient très fréquent grâce à l’interférence linguistique qui a eu lieu leur de la colonisation française aux pays de l’Afrique du nord, la Syrie, le Liban…

L’emprunt peut être direct ou indirect dans le sens où le mot peut passer d’une langue à une autre langue et devient parmi les mots indispensables de celle-ci. Et après à cause d’une interférence linguistique ou autre cause une troisième langue vient emprunter le terme de la deuxième langue. Ce qui est le cas de plusieurs mots, citons à titre d’exemple le mot café qui a été transmis au turc puis passé en français. Prenons un autre exemple celui du mot felouque qui est emprunté à l’espagnol faluca, flouca en arabe. Le mot abricot est aussi passé au français de l’espagnol albaricoque provenant de l’arabe al barquq. Pareil pour alcove « alcoba » en espagnol « al qubba » en arabe et pour arrobe (¼) « arroba » en espagnol « ar rubee » en arabe.

Ce phénomène est dû à l’arabisation de l’Espagne pendant sept siècles « el andalous » car c’est avant tout par l’Espagne que sont passés les grands courants de civilisation entre l’orient et l’occident et qu’ont été transmis les fondements et les apports scientifiques arabes. Cependant, en passant d’une langue à une autre, les mots sont susceptibles d’être adaptés phonétiquement, d’autant plus quand ces mots sont empruntés indirectement. En effet, les systèmes phonologiques des différentes langues ne coïncident que très rarement. Par exemple, le mot arabe cité plus haut, café « qahwa », ne se prononce pas ainsi en français, langue qui ne connaît ni le « q» ni le « h ». Les francophones, empruntant le mot, ont transformé le « q » en « k », qui lui est relativement proche pour une oreille non entraînée. Quant au « h », il est tombé car aucun phonème proche n’existe en français.

En s’empruntant, les mots peuvent changer de sens. Parfois, c’est parce que le mot emprunté a évolué dans la langue d’arrivée que le sens originel s’est perdu. On peut par exemple citer le cas de truchement qui, initialement, signifiait bien « traducteur intermédiaire servant d’interprète entre deux personnes », sens qu’a bien le mot arabe à l’origine « turjumān ». En évoluant en français, le terme en est venu, actuellement, à désigner principalement un intermédiaire pas forcément humain.

En somme, on peut conclure que le terme d’ « emprunt » est mal choisi : une langue n’emprunte pas un mot étranger mais le prend et la langue qui subit l’emprunt ne perd rien. Ses locuteurs n’ont même pas forcément conscience des emprunts en question. Sachant combien les emprunts font subir aux mots des modifications phonétiques importantes.

 Hind

décembre 6, 2006 - Posté par khomsa | Culture | | 2 commentaires

2 commentaires »

  1. bonjour
    je suis etudiante a l’université de l’algerie spécialité lisence en francais je désir savoir le tout sur cette langue je compte sur vous

    Commentaire par bentaya saliha | décembre 24, 2006

  2. Bonjour ;

    Mon non est Ahmed bentaya, je suis algerien mais je vie au canada (Montreal) j a trouve votre site sur google en faisant des recherches sur “bentaya”
    je voudrais te connaitre pour essayer de comprendre les origines . mon e-amil est : abentaya@hotmail.com

    merci

    Commentaire par BENTAYA | août 24, 2007


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