Secours ou recours à notre patrimoine culturel et scientifique
Mr Hamza Triki m’a informé de la naissance de votre honorable revue et m’a demandé de contribuer à l’apparition du premier numéro. Depuis, plusieurs sujets d’orientations diverses me venaient à l’esprit dont le rapport avec notre patrimoine culturel et scientifique était d’une importance et lourdeur indéniable.
Pour commencer je dois avouer que je suis parmi ceux qui ont besoin de plus de conscience traduite en action.
J’ais assisté aux travaux du sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) ou WSIS (World Summit on the Information Society) mais ce qui m’a touché le plus c’est le mot du représentant du Pakistan “venant de loin pour le grand public” à la séance de clôture. Il avait comme axe Le rapport d’Ibn Khaldûn[1] avec la modernité et qu’il était à sa source, les apports de ses travaux sur le plan historique culturel et scientifique. Aucun n’a donné cette importance à notre chercheur, savant historien et politicien tunisien malheureusement peu ou non connu par les tunisiens. Les travaux et les apports d’Ibn Khaldûn sont loin de pouvoir être recensés dans cet espace limité mais je me contente ici de donner de brèves indications sur ses idées et synthèses en rapport avec l’éducation dont je suis membre.
De nos jours dans nos universités comme dans celles de l’occident on enseigne les théories d’apprentissage, les théories sur le développement cognitif (et autres) et les approches pédagogiques adoptées dans différents programmes d’enseignement.
Courants sur les théories d’apprentissage
- Le behaviorisme (comportemental) : Pavlov, Watson, . . .
- Le constructivisme : Piaget Vygotsky, . . .
- Le cognitivisme : Gagné, Ausubel, . . .
- Le socioconstructivisme : Perret Clermont, Gilly, . . .
On trouve des documents qui traitent ces sujets et dressent des diagrammes sur l’évolution dans ces domaines depuis l’avant jésus mais sans trouver de traces pour les chercheurs arabes ; Ceci m’a choqué et m’a poussé à essayer d’explorer cette piste pour tenter de répondre à une simple question, suivant deux éventualités :
- Il n’y a pas de chercheurs arabes de taille dans ces domaines.
- Il y a des chercheurs arabes respectables mais non connus, pour des raisons autres que scientifiques.
Des chercheurs et savants arabes existent sur le terrain même occidental[2] (malheureusement non reconnus par nos programmes d’enseignement) mais nécessitent d’être redécouverts et réétudiés pour faire émerger leurs recherches et synthèses bénéfiques pour le contemporain et le futur.
Récits d’Ibn Khaldûn dans le domaine de l’éducation
“اللإبتعاد عن الإستبداد في التأديب حتى لا تكسل النفس في إكتساب الفضيلة و الجميلة”
“Le comportement autoritaire dans l’éducation est à la source de paresse et handicap mental dans l’acquisition des valeurs et des savoirs”
“من كان مُرباه بالعسف و القهر . . . سطا به القهر و ضَيقَ على النفس في إنبساطها و ذهب بنشاطها . . . و حُمل على الكذب و الخبث”
“Celui éduqué par la violence perd le sens créatif, perd toute activité d’esprit et s’enfonce dans les mensonges et la délinquance”.
On trouve souvent dans nos littératures le terme de « méthode traditionnelle d’éducation à éviter ». Ceci est souvent à l’origine d’une conception trop souvent erronée, que tout ce qui est ancien est dévalorisé et à rejeter et que le train de la modernité échappe au partisans de ces pensés
Ibn Khaldûn dit à ce propos que :
“المغلوب مولع أبدا بالإقتداء بالغالب في شعاره و زيه و نحلته و سائر أحواله و عوائده”
“Le vaincu s’identifie à son vainqueur dans son comportement, ses traditions, ses valeurs et sa culture” (le vaincu est souvent une personne, un peuple, une nation ou encore une civilisation)
Ceci est connu actuellement par les mécanismes de défense (l’identification) introduite par S. Freud (1894) dans ses études psychanalytiques ; encore une fois nous faisons référence aux références des autres (la science n’a pas de nationalité, c’est bon mais que ça soit vu ainsi par tous). Le problème est de négliger ou sous estimer ce qu’on a de bon comme héritage.
“إتباع وسائل التوضيح الحسية حتى يستولي على الغايات العلمية”
“Les objectifs de tout acte d’enseignement/apprentissage est atteint par l’utilisation de supports didactiques et la concrétisation des notions scientifiques”
“. . . ملكة التصرف بفتق اللسان بالمناظرة والمناورة و المحاورة في العلم”
“Le développement des compétences est atteint par la discussion, L’apprentissage collectif et la résolution des conflits cognitifs par le co-apprentissage”
“استنباط الجزئيات من الكليات”
“L’utilisation de la méthode inductive comme approche pédagogique”
Je ne fais ici que présenter des extraits brefs de ce qu’ Ibn Khaldûn a dit pour vous inciter à une recherche plus profonde, à reconnaître nos ancêtres dignes de respect et contribuer à notre futur sur des bases solides et avec une confiance intégrale en soi.
Je tiens pour finir à présenter la théorie d’Ibn Khaldûn sur l’âge des civilisations et l’alternance de leur dominance. Il dit que tout pouvoir de tout genre (politique, intellectuel, économique ou autre) ou toute civilisation passe dans sa durée de vie par quatre générations
- 1ère génération des constructeurs
- 2ème génération des continuateurs
- 3ème génération des profiteurs
- 4ème génération des destructeurs
Et pour qu’une civilisation persiste, elle doit miser sur la reproduction des élites “صناعة القادة”. J’espère que vous (lecteurs) faites partie des constructeurs pour une renaissance de votre nation, n’oubliez jamais votre rôle et surtout ne le sous-estimez pas ;
Les milles pas commencent toujours par un pas.
Les grands commencent toujours petits.
Un monument est un ensemble de pierres mises en position adéquates au moment adéquat
Aller doucement mais sûrement.
A. Jemaï
[1] Abderrahmen Ibn Khaldûn né à Tunis en1332 décédé le 17 Mars 1406 au Caire. Les œuvres les plus reconnues sont :
· La moukaddima
· Kitab Al ïbar
[2] L’académie tunisienne des sciences des lettres et des arts « Beït El Hikma » à Carthage a organisé du 13/3 au 18/3/2006 un colloque sou le titre ” Ibn Khaldûn aux sources de la modernité”.
90 intervenants venants des quatre coins du monde ont participé à ses travaux. Les pays occidentaux représentés sont l’USA, la France, l’Italie l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal, l’Iran, le Canada et l’Angleterre.
Tous les participant ont apprécié et félicité les travaux de notre honorable Ibn Khaldûn
Etudiants Tunisiens en France
Un coup de fil au mois d’août et hop la nouvelle tombe, admis dans une école d’ingénieurs en France. Une nouvelle de quoi être fier, mais d’où vient cette fierté? N’y a-t-il pas d’écoles d’ingénieurs en Tunisie? Et s’il y en a, ne permettent elles pas une aussi bonne formation que ses collègues françaises? Des questions qu’on ne pose jamais après deux années de labeur en école préparatoire. Oui, il existe des écoles d’ingénieurs en Tunisie. Oui ces écoles donnent une bonne formation, pas toutes les écoles mais au moins quelques unes les plus réputées. Alors pourquoi cette fierté? Pourquoi ce choix de migrer?
Un premier facteur peut être relevé, c’est le facteur social. En effet dans une société telle que la tunisienne le fait d’être admis dans une école française donne de l’estime dans le cercle familial du concerné. Ce qui fait qu’il ne réfléchit pas trop, “C’est un génie, il a passé le concours chez les français et on l’a accepté”, ” l’état l’envoie continuer ses études à l’étranger”. Ce sont des commentaires de ce genre qu’on entend quand on a “décroché” une admission dans une école d’ingénieurs. Pourtant ces commentaires sont faux ou plutôt sont des flatteries non justifiées. Le fait qu’on soit admis dans un concours n’a rien de génie il y en a des génies qui font la faculté des sciences à Tunis ou à Sfax, réussir un concours est aussi le fruit de deux années de bourrage de crâne en école préparatoire où on apprend toutes les astuces des concours, attention ceci ne nie pas le fait que les “taupins” comme on les appelle ont des pré requis leurs permettant de supporter cette formation. L’état certes donne une bourse d’études pour ses étudiants selon un critère précis mais l’étudiant peux rester en Tunisie ce n’est guère la volonté de l’état mais plutôt une habitude qu’on perpétue et qu’on réanime selon les règles du jeu en place, des règles qui ne dépendent ni des étudiants ni des concours mais de facteurs politiques.
Aussi en Tunisie il y a une sorte de regard idyllique pour la France, sans oublier que c’était l’occupant qui nous a offert une indépendance en 1956, on reste lié à sa civilisation tant sur le plan économique que sur le plan culturel. Nous nous inspirons de ses méthodes dans l’enseignement dans l’économie voire parfois dans les symboles culturels de la société qui se reflètent dans les médias, seulement ce n’est que l’apparence qu’on copie. Ceci joue un rôle important dans ce choix de migration. En même temps il y a aussi ceux qui choisissent d’immigrer parce qu’ils sentent qu’ils ne peuvent pas mener la vie qu’ils veulent chez soi, soit parce que leurs idées ne concordent pas avec la norme de la société et ils se sentent donc opprimés voire frustrés soit parce qu’ils pensent qu’il leur faut une expérience dans un pays de droit comme la France pour pouvoir avancer les choses dans le pays.
Entre fausses idées, rêveries et recherche de l’idéal se partagent ces tunisiens qui, un jour, se sont trouvés en statut d’immigrés à la quête d’une gloire, d’une fortune ou d’un rêve d’une vie meilleure.
Hamza TRIKI
Fuite des cerveaux, Comment y faire face ?
Quel est le problème ?
Un pays sans cerveaux est comme un corps sans âme !!! De la même manière que le Québec ou les Etats-Unis vident la France de ses talents, la France vide la Tunisie et d’autres pays des ses compétences. Le phénomène de fuite des cerveaux du continent africain vers les pays développés n’est pas nouveau, mais il devient de plus en plus inquiétant ; en effet les conséquences sont d’autant plus préjudiciables que l’écart entre pays développés et pays en voie de développement se creuse. Ceci concerne toutes les disciplines bien que cela soit plus accentué dans le domaine des sciences et de la médecine.
Pourquoi partir ?
Beaucoup de raisons motivent les départs: l’amélioration des salaires et de la qualité de vie, la recherche d’un meilleur environnement de travail dans le sens le plus large ainsi que la recherche… Toutes ces raisons sont certainement valables ; mais justifient t-elles le départ du pays où nous sommes nés et qui a financé nos études pour faire bénéficier de notre savoir faire d’autres pays ? L’exode des compétences donne lieu à un conflit d’intérêts entre pays hôtes et pays d’origine. Il est clair que pour assurer la croissance et le développement économique, tous les pays ont besoin des compétences qualifiées et de l’expérience confirmée des travailleurs diplômés. Si ce personnel peut être importé, à moindre coût de formation, les pays « récepteurs » ne peuvent qu’apprécier. La fuite suppose un danger mais est ce le cas en Tunisie ? Personnellement, je ne pense pas. Il est clair que la Tunisie évolue. Alors en attendant, beaucoup de nos cadres, jeunes et moins jeunes, continueront à aller vers d’autres cieux.
Comment peut-on remédier à cette situation ?
Il faut, pour garder nos « cerveaux », réduire le temps entre l’obtention du diplôme et celle du premier emploi par l’instauration de structures d’orientation, de conseils et de rencontres entre nouveaux diplômés et employeurs. Une association comme celle des Tunisiens des Grandes Ecoles (ATUGE) a donné le ton en organisant, à Tunis, un espace de rencontre entre les étudiants et notamment ceux récemment diplômés et les entreprises. Il faut, en second lieu, « imposer » aux multinationales étrangères qui s’installent de recruter des cadres locaux et de leur permettre d’accéder aux postes de responsabilité. Par ailleurs, le secteur de la recherche est plus que tout autre secteur exposé à l’exode des compétences. Particulièrement dans ce domaine, il faut garder un contact permanent avec l’activité scientifique à l’étranger. Nos compétences à l’étranger peuvent être ce lien et constituer un pont de coopération scientifique qui existe déjà pour le cas de la Tunisie et ne demande qu’à être renforcé. Il faut enfin informer nos jeunes étudiants sur la place de la recherche et du chercheur en Tunisie et démythifier l’image du Tunisien installé à l’étranger. En effet, l’objectif que les dépenses de la recherche représentent 1% du PIB en 2004, fixé par une décision présidentielle en 1999, a été atteint.
Le prochain objectif étant de 1,25 % du PIB en 2009(Ce taux est de (2,2 %) pour la France, (3,65%)pour la Suède, (3,40%) pour la Finlande, (2,98%) pour le Japon, (2,80%) pour les Etats-Unis et (2,53%) pour l’Allemagne)
Courbe d’évolution du DIRD/PIB de 1992 à 2004

Et pour finir…..
Si, dans certaines conditions, le choix d’émigrer ne peut être contesté, il n’en demeure pas moins que la personne concernée est redevable au pays qui l’a formé et qu’à ce titre, il doit obligatoirement contribuer, même de loin, à l’effort de développement de son pays. Il faut, pour cela, essayer de garder le contact avec ceux qui sont installés à l’étranger. En effet, la probabilité de retour est d’autant plus faible que l’individu est coupé de son pays d’origine, ou que l’information qui lui parvient est tronquée ou déformée. Ceci nécessite un effort à double sens : un effort des décideurs politiques pour renforcer le lien et de la bonne volonté de l’émigrant pour maintenir ce lien. S’il est aberrant d’expliquer l’exode des compétences par un manque de postes dans les pays d’origine, il peut être utile de demander aux pays en voie de développement de créer, dans la mesure du possible, des structures aptes à accueillir ces compétences et de réduire ainsi le nombre des départs. D’autre part, s’il est vrai, que l’exode des travailleurs hautement qualifiés répond à la théorie de l’offre et de la demande, il n’est pas insensé de demander aux pays profitant de cet exode de contribuer au coût de cette formation. Je dirais pour conclure que, dans le domaine particulier de la recherche, faute de pouvoir retenir la main d’oeuvre qualifiée, pourquoi ne pas essayer de développer, là où il n’y en a pas, des réseaux de recherche impliquant des pays développés et des pays moins développés ou de renforcer ceux déjà existants. Nous en serons tous bénéficiaires, d’une part les pays en développement et les pays pauvres pourraient tirer profit de leurs ressortissants qui choisissent de s’établir à l’étranger, et d’autre part les pays riches continueraient à attirer une immigration organisée, qui n’a rien à voir avec le projet de loi qui fait actuellement couler beaucoup d’encre (l’« immigration choisie » de Nicolas Sarkozy). Mais cela est un tout autre sujet…
Amira MOUGOU
Subir les lois
Mardi 11 Avril 2006 :
J’ai lu le « 20 minutes ». A chaque fois que je lis ce journal, il y a un truc qui me donne la rage. Cette fois, c’était à la page 8 : « Villiers accusé de sortie de piste ». Ça parle de Philippe de Villiers. Ce dernier, à la tête du parti nationaliste « Mouvement Pour la France » crie sur tous les toits que les employés musulmans de l’aéroport de Roissy sont une menace pour la sécurité de l’aéroport, et n’hésite pas, pour argumenter son point de vue, à montrer à la télé (« Le Vrai Journal », canal+) des soit – disant preuves que ces gens sont des « admirateurs » de Ben Laden. Dans le site de son parti, il est écrit : « Le 11 septembre 2005, Philippe de Villiers annonce sa candidature à la Présidence de la République pour faire face à deux urgences : stopper l’islamisation progressive de la société française qui est en train de basculer dans le communautarisme. Et, face au mondialisme des élites politiciennes, proposer un patriotisme populaire, moderne et ambitieux »
Mardi 02 Mai 2006 :
Je lis dans la presse ces propos attribués à Nicolas Sarkozy : « Si certains n’aiment pas la France, qu’ils ne se gênent pas pour la quitter ». Discours tout droit sorti des grottes du FN. Ça m’a rappelée les élections de 2002. Maintenant je me rends compte à quel point j’étais optimiste et naïve quand je me disais que la France était à l’abri de l’extrémisme. De peur d’un extrémisme religieux, la politique française est tombée dans un extrémisme du même genre : Immigration à la carte, nous dit-on. Le projet de loi sur l’immigration de Sarkozy aurait été légitime s’il n’était pas accompagné de cette vague de haine, rendant encore plus difficile l’intégration des étrangers et déclenchant une espèce de phobie et de paranoïa réciproques.
Les premières victimes de ce n’importe quoi politique sont malheureusement nous. Est-ce que j’aurai les mêmes opportunités qu’un français à l’embauche ? Mes amis français seront-ils influencés par les politiciens et les médias ? Me regardera-t-on pareillement aujourd’hui que dans un, deux ou trois ans ? La rue, les papiers, l’emploi…
Supporterai-je de subir les conséquences imminentes de ces doctrines ?
Monia RKHAMI
Politique, Religion … Les tabous
La dernière fois en cours d’anglais, la prof qui est anglaise a demandé qui était présent à la grande manifestation contre le CPE. A ma surprise ou non, un seul élève a levé son doigt et il était grec. Il y a une vingtaine dans le groupe tous des français sauf moi et personne n’y était. Peut-être parce qu’ils sont pour le CPE ? Et bien non, ils ont répondu que ça ne les regarde pas. Mais la meilleure réponse était « ici on ne discute ni de religion ni de politique ». Le ici est une école d’ingénieur.
Je me disais peut être que c’est juste dans mon école et bien non c’est dans toutes les écoles d’ingénieurs, si on discute de religion au premier quart du tour on te sort la grande armada : on est dans un pays laïque. Oui je veux bien croire à cela mais ça veut tout simplement dire que l’état n’a pas de religion, que lorsque je remplis un formulaire je ne mentionne pas ma religion, et aussi que toutes les religions sont respectées et peuvent être pratiquées en toute liberté et sans descrimination. Mais ça ne veut surtout pas dire qu’on n’a pas le droit de discuter de religion, et là je ne parle pas de prêcher pour une religion ou une autre mais tout simplement de la philosophie de la religion et des croyances. Et bien non, il paraît que j’ai pas le droit de discuter de ça dans un pays laïque ce qui veut dire qu’un pays laïque est un pays d’anti-religion, il a choisi la non-religion comme religion. Un peu tordu !!
L’autre aspect c’est la politique, pendant la crise du CPE, des universités étaient bloquées pendant des semaines, dans d’autres il y avait juste des grèves. Et dans les écoles d’ingénieurs rien, on penserait qu’on est sur une autre planète. Même pas un débat concernant cette loi et malheureusement ce n’est pas parce qu’on est unanimement d’accord avec la loi mais tout simplement parce que les élèves ingénieurs ne se sentent pas concernés par ça d’ailleurs ils ne sont concernés par rien dans la vie politique. A les voir on croirait que les ingénieurs forment une classe sociale à part qui est à l’abri de toutes les lois et les crises sociales, ils toucheront toujours un bon salaire et limite ils s’en foutent du reste de la société. Peut-être que j’exagère un peu mais on ne voit aucunement la moindre motivation ni intérêt des élèves ingénieurs à cette vie politique voire ils s’empêchent de s’en intéresser.
Je ne pensais pas que ce problème puisse exister dans un pays qui se veut pays de droits de l’homme et de liberté d’expression, mais il parait que quand on te laisse le choix d’exercer tes droits pleinement parce qu’ils sont acquis et non mérités et bien tu les mets de coté.
Les uns se battent pour ce que d’autres l’ont et n’utilisent pas.
Hamza TRIKI
Rapport de stage … Enfin presque
(Si l’inspiration vous manque lors de la rédaction de votre rapport de stage lisez ce texte, c’est un extrait d’un rapport de stage ouvrier rendu à l’ENSTP… régalez vous…)
Comme d’habitude le début n’est jamais facile…
Pour faire prétentieux, je pourrais dire que l’angoisse de la page blanche me saisit, mais à vrai dire ça ressemble à l’ennui, d’ailleurs je commence à avoir l’habitude de ce sentiment. Ce stade pratiquement dépassé, je bute sur mon incapacité d’écrire quoi que ce soit d’original. Revient la crainte de s’aventurer dans les réflexions rituelles aussi absurdes que stériles, sur « le sens de la vie », l’absurdité de la guerre et la place de Johnny Hallyday dans le paysage médiatique français. Je me vois mal me prendre au sérieux. Le second degré, c’est ce qui me permet de respecter mes conneries et celles des autres.
A vrai dire, j’ai aussi souvent la bonne idée que d’épargner les gens mes conneries. Je pense d’ailleurs que beaucoup de gens devraient faire de même, ça nous aurait probablement épargné les péripéties de la quête spirituelle de Madonna, ou les réflexions de Laurie contre la guerre et le Sida.
[…]Il n’y a rien de plus vicieux ni de plus pervers que de se mettre en scène. L’écriture pourrait avoir cette fâcheuse tendance de déformer les idées, en tout cas surtout pour quelqu’un pour qui la langue de Molière n’a jusqu’à récemment que très rarement quitté les manuels scolaires. Il n’y a pas pire pour un jeune que de trop se prendre au sérieux, ou pire d’avoir l’impression de connaître ce qu’il veut. Ceux qui savent ce qu’ils veulent, s’engagent dans l’armée à 20 ans.
L’écriture peut facilement intégrer l’art de se compliquer la vie, un art dans lequel j’excelle.
[…]Ce qui complique les choses d’autant plus avec l’écriture, c’est la peur constante d’être soudain pris au sérieux ; ou d’une autre manière la peur de perdre le contrôle de ce qu’on écrit. A mon sens, être pris au sérieux là où on ne s’y attendait pas est de loin plus préjudiciable de ne pas l’être là où on aimerait bien que ça soit le cas.
J’ai eu jusqu’à cet instant la chance de ne pas me prendre au sérieux, relativiser ce à quoi les déambulations ont pu me mener, et essayer de déceler la part de l’héritage, des influences extérieures, de l’état d’esprit…
(Je viens de relire la phrase que j’ai écrite deux lignes au dessus… je n’en reviens pas…)
[…]Il m’est arrivé de penser à écrire des choses plus ou moins engagées… J’ai toujours eu la bonne idée d’y renoncer. Je pense que je fais partie d’une certaine catégorie à l’engagement suspect.
L’autre jour, Mr. XYY disait: «Les débats auxquels j’assiste m’écoeurent. Je me vois pris au piège des discours fleuves qui ne font qu’alimenter les marécages d’une pensée ankylosée, sur fond d’hypocrisie et sous forme de figures pompeuses de langage. »
L’héritage de l’européen civilisateur « sûr de lui et dominateur » est toujours aussi présent. Le problème c’est quand le connard basique de base gavé au « Loft story » et à « à prendre ou à laisser » se met à se venter.
Les perpétuels clichés ne peuvent quitter l’arabe musulman qui après avoir été méprisé et rejeté, est souvent craint et tout aussi méprisé.
J’ai peur de la langue, j’ai peur de ne pas maîtriser assez bien cette chose qui indiscutablement est l’un des plus redoutables outils du pouvoir…
Oh !la vieille feinte…
Le Parisien
Pizza Story…

Il arrive à chacun de nous de prendre une Pizza quelquefois avec des amis, vous savez, ce sympathique rond de pâte garnie, fameux emblème de la restauration rapide, si chère au coeur rabougri des sociétés qui ne disposent plus de leur temps… De fait, où en est le Fast-Feedin’ Tunisien?… Déjà, peut-on parler de phénomène Fast-food en Tunisie… Certes, en Société en voie de Modernisation qui se respecte, notre Verte s’est attifée de cette tendance… Transformant certains restaurants à la carte, usités et démodés, en Temples de Pizzas Party.. (eh oui, ça coûte cher de refaire l’infrastructure gastronomique, alors on fait avec ce qu’on a, en bons débrouillards)… Alors, quand vous allez Rue de Marseille… à Tunis… et que vous franchissez la porte d’un Fast-food attitré.. Vous vous retrouvez face à d’élégantes tables en nappes, marbrées.. ou avec d’exquises fissures de bois naturel… Vous vous réjouissez d’ores et déjà du plaisir qui attend vos papilles (bien sûr si vous êtes un pizzovaure saladophobe comme il se doit..).. Vous vous dirigez vers la caisse … patientez dans la file.. ce n’est pas grave d’attendre un peu.. ça prouve au moins le succès des lieux… Votre tour arrive enfin… “Pizza thon fromage, siouplait..” “Vous voulez dire Pizza Neptune??” .. ah parce qu’il y en a plusieurs? Bon … c’est bien qu’ils aient un éventail de choix… revenir à la description de plats, s’assurer que c’est bien la Neptune qu’on veut… puis vous payez, et vous avez enfin votre ticket en main… Enfin?.. enfin bon… ce n’est pas fini… vous vous dirigez vers le magicien qui sort des ronds de pâte sanglante de son four.. et lui posez le ticket sous le nez avec le sourire.. il vous regarde d’un air absent, attrape le ticket pour le mettre à côté, et continue son rituel de pétrissage, aplatissage, enfournissage, garnissage… et alors que vous êtes seul à faire le guet devant son antre, les pizzas n’en finissent pas de sortir, et vous ne voyez pas l’ombre de la votre… “Excusez-moi, c’est pour bientôt?”… “c’est quoi déjà votre commande?”… Heureusement que vous n’aviez pas commandé de choucroute aux sushi… Allons bon, ce n’est pas grave, après tout, c’est du Fast-food, et non du Fast Cook.. Vous l’avez enfin en main, votre plat fumant.. Vous vous installez avec votre compagnie, et bons vivants, vous vous lancez dans des conversations croisées, animées, qui sentent bon la Méditerranée… Ce qui pousse le goût de carton plastifié dans votre bouche en deuxième plan… Vous ne le remarquez même pas, et vous avez envie de prolonger ces moments de convivialité.. quand soudain, surgie de nulle part… une silhouette à rayures et à noeud papillon, surmonté d’un sourire contraint, se met à ramasser les vestiges du défunt festin… Et vous n’osez pas lui dire que vous n’aviez pas encore terminé.. vous le regardez emporter votre assiette à moitié pleine.. Et vous avez brusquement l’impression d’être congédié, d’avoir épuisé le temps qui vous était imparti, et vous songez soudain au Speed-dating, aux entretiens chronométrés, aux délais de remise, au temps qui file, file, file…. Et vous dites Stop! Vous entraînez vos amis dehors, les invitez à un dernier verre… de thé vert… chez vous, bien au chaud, bien loin des contraintes de temps, du stress de j’y-arriverai-pas-à-temps, je-n’ai-plus-de-temps, il-se-fait-temps…
Et la prochaine fois, invitez-les donc à un plat de couscous bien fumant, le dimanche…
Lil’ Mystery
Vers Kairouan

Ce texte est tiré des mémoires de Guy de Maupassant « De Tunis à Kairouan » écrit en 1890.
Quand Sidi-Okba, avec ses cavaliers, arriva dans ce désert sinistre où s’étale aujourd’hui ce qui reste de la ville sainte, il campa dans cette solitude. Ses compagnons, surpris de le voir s’arrêter dans ce lieu, lui conseillèrent de s’éloigner, mais il répondit :
Ils lui objectèrent qu’il n’y avait ni eau pour boire, ni bois, ni pierres pour construire. Sidi-Okba leur imposa silence par ces mots : “Dieu y pourvoira.” Le lendemain, on vint lui annoncer qu’une levrette avait trouvé de l’eau. On creusa donc à cet endroit, et on découvrit à seize mètres sous le sol, la source qui alimente le grand puits coiffé d’une coupole où un chameau tourne le long du jour, la manivelle élévatoire.
Le lendemain encore, des Arabes, envoyés à la découverte, annoncèrent à Sidi-Okba qu’ils avaient aperçu des forêts sur les pentes de montagnes voisines.
Et le jour suivant, enfin, des cavaliers, partis le matin, rentrèrent au galop, en criant qu’ils venaient de rencontrer des pierres, une armée de pierres en marche, envoyées par Dieu sans aucun doute.
On sait que, pour les croyants, sept pèlerinages à Kairouan valent un pèlerinage à La Mecque.
15 décembre :
Le jour ne parait pas encore quand un de mes compagnons me réveille. Nous avons projeté de prendre un bain maure dès la première heure, avant de visiter la ville.
On circule déjà par les rues, car les Orientaux se lèvent avant le soleil, et nous apercevons entre les maisons un beau ciel propre et pâle plein de promesses de chaleur et de lumière.
On suit des ruelles, encore des ruelles, on passe le puits où le chameau emprisonné dans la coupole tourne sans fin pour monter l’eau, et on pénètre dans une maison sombre, aux murs épais, où l’on ne voit rien d’abord, et dont l’atmosphère humide et chaude suffoque un peu dès l’entrée.
Puis on aperçoit des Arabes qui sommeillent sur des nattes ; et le propriétaire du lieu, après nous avoir fait dévêtir, nous introduit dans les étuves, sortes de cachots noirs et voûtés où le jour naissant tombe du sommet par une vitre étroite et dont le sol est couvert d’une eau gluante dans laquelle on ne peut marcher sans risquer, à chaque pas, de glisser et de tomber.
Or, après toutes les opérations du massage, quand nous revenons au grand air, une ivresse de joie nous étourdit, car le soleil levé illumine les rues et nous montre, blanche comme toutes les villes arabes, Kairouan la sainte.
Elle nous apparaît soudain, au détour d’une rue. C’est un immense et pesant bâtiment soutenu par d’énormes contreforts, une masse blanche, lourde, imposante, belle d’une beauté inexplicable et sauvage. En y pénétrant apparaît d’abord une cour magnifique enfermée par un double cloître que supportent deux lignes élégantes de colonnes romaines et romanes. On se croirait dans l’intérieur d’un beau monastère d’Italie.
La mosquée proprement dite est à droite, prenant jour sur cette cour par dix-sept portes à double battant, que nous faisons ouvrir toutes grandes avant d’entrer. Je ne connais par le monde que trois édifices religieux qui m’aient donné l’émotion inattendue et foudroyante de ce barbare et surprenant monument : le mont Saint-Michel, Saint-Marc de Venise, et la chapelle Palatine à Palerme.
Devant nous apparaît un temple démesuré, qui a l’air d’une forêt sacrée, car cent quatre-vingts colonnes d’onyx, de porphyre et de marbre supportent les voûtes de dix-sept nefs correspondant aux dix-sept portes.
Le regard s’arrête, se perd dans cet emmêlement profond de minces piliers ronds d’une élégance irréprochable, dont toutes les nuances se mêlent et s’harmonisent, et dont les chapiteaux byzantins, de l’école africaine et de l’école orientale, sont d’un travail rare et d’une diversité infinie. Quelques-uns m’ont paru d’une beauté parfaite. Le plus original peut-être représente un palmier tordu par le vent.
A mesure que j’avance en cette demeure divine, toutes les colonnes semblent se déplacer, tourner autour de moi et former des figures variées d’une régularité changeante.
Dans nos cathédrales gothiques, le grand effet est obtenu par la disproportion voulue de l’élévation avec la largeur. Ici, au contraire, l’harmonie unique de ce temple bas vient de la proportion et du nombre de ces fûts légers qui portent l’édifice, l’emplissent, le peuplent, le font ce qu’il est, créent sa grâce et sa grandeur. Leur multitude colorée donne à l’oeil l’impression de l’illimité, tandis que l’étendue peu élevée de l’édifice donne à l’âme une sensation de pesanteur. Cela est vaste comme un monde, et on y est écrasé sous la puissance d’un Dieu. Le Dieu qui a inspiré cette oeuvre d’art superbe est bien celui qui dicta le Coran, non point celui des Évangiles.
Partout on rencontre de remarquables détails. La chambre du sultan, qui entrait par une porte réservée, est faite d’une muraille en bois ouvragée comme par des ciseleurs. La chaire aussi, en panneaux curieusement fouillés, donne un effet très heureux, et la mihrab qui indique La Mecque est une admirable niche de marbre sculpté, peint et doré, d’une décoration et d’un style exquis.
En face de la porte centrale de la mosquée, la neuvième, à droite comme à gauche, se dresse, de l’autre côté de la cour, le minaret. Il a cent vingt-neuf marches.
Isolée, hors de la ville, distante à peine d’un kilomètre, la zaouïa, ou plutôt la mosquée de Sidi-Sahab (le barbier du Prophète), attire de loin le regard.
Toute différente de Djama-Kebir, dont nous sortons, celle-ci, nullement imposante, est bien la plus gracieuse, la plus colorée, la plus coquette des mosquées, et le plus parfait échantillon de l’art décoratif arabe que j’aie vu.
On pénètre par un escalier de faïences antiques, d’un style délicieux, dans une petite salle d’entrée pavée et ornée de la même façon. Une longue cour la suit, étroite, entourée d’un cloître aux arcs en fer à cheval retombant sur des colonnes romaines et donnant, quand on y entre par un jour éclatant, l’éblouissement du soleil coulant en nappe dorée sur tous ces murs recouverts également de faïences aux tons admirables et d’une variété infinie. La grande cour carrée où l’on arrive ensuite en est aussi entièrement décolorée. La lumière luit, ruisselle, et vernit de feu cet immense palais d’émail où s’illuminent sous le flamboiement du ciel saharien tous les dessins et toutes les colorations de la céramique orientale. Au-dessus courent des fantaisies d’arabesques inexprimablement délicates. C’est dans cette cour de féerie que s’ouvre la porte du sanctuaire qui contient le tombeau de Sidi-Sahab, compagnon et barbier du Prophète, dont il garda trois poils de barbe sur sa poitrine jusqu’à sa mort.
Recueilli par Hind BEJI
Wishes and achievements paradox
Humans are ambitious by nature. Their wishes are unlimited but in the meantime, their achievements are restricted and the gap between desire and acts is widening. So, why do wishes remain most of the time abstract ideas? Why don’t we keep our promises and disappoint people we love? Why do we let down our dreams? The answer could perhaps be summarised in two words EASY and DIFFICULT throught the poem below.
EASY ……. DIFFICULT
Easy is to judge the mistakes of others
Difficult is to recognize our own mistakes
Easy is to talk without thinking
Difficult is to refrain the tongue
Easy is to hurt someone who loves us.
Difficult is to heal the wound…
Easy is to set rules.
Difficult is to follow them…
Easy is to dream every night.
Difficult is to fight for a dream…
Easy is to show victory.
Difficult is to assume defeat with dignity…
Easy is to admire a full moon.
Difficult to see the other side…
Easy is to stumble with a stone.
Difficult is to get up…
Easy is to enjoy life every day.
Difficult to give its real value…
Easy is to promise something to someone.
Difficult is to fulfil that promise…
Easy is to say we love.
Difficult is to show it every day…
Easy is to criticize others.
Difficult is to improve oneself…
Easy is to make mistakes.
Difficult is to learn from them…
Easy is to weep for a lost love.
Difficult is to take care of it so not to lose it.
Easy is to think about improving.
Difficult is to stop thinking it and put it into action…
Easy is to think bad of others
Difficult is to give them the benefit of the doubt…
Dorsaf ELHOG
The power of laughter
Laughing is a pep collection. Indeed, scientists have calculated that only half a minute of joyful laughter is worth 45 minutes of static rest. Moreover, a spontaneous burst of laughter is equivalent to three minutes of aerobic exercise, whereas ten warm smiles equal ten minutes of intensive rowing. Furthermore, laughing increases three times the amount of air drawn into the lungs and improves circulation. Not only that but it also stimulates digestion, brain function and elimination of harmful substances. So let’s laugh to our mates, to our children, to people we know and, why not, to people we don’t know. Let’s smile to life and find good sides even in difficulties, let’s face problems with high mood and fight to keep smiling.

Dorsaf ELHOG

