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Culture et mondialisation …

On a tant espéré que la révolution des technologies des communications puisse mettre fin aux rivalités entre les peuples (dues surtout à l’ignorance de l’autre), rapprocher les cultures et  faire revivre celles qui étaient en voie de disparition… Ceci était techniquement possible, mais plusieurs facteurs ont empêché ce processus : Les pays du sud ne peuvent pas suivre le rythme de cette évolution (et donc ils ne pourront pas en profiter) car leurs problèmes sociaux, économiques et politiques sont loin d’être résolus 

Dans ces circonstances, la mondialisation tendrait à uniformiser les cultures ou plutôt à américaniser le monde. Ainsi, les peuples des pays de sud se sont retrouvés devant un flux d’informations qui met en cause leurs cultures et promeut un mode de vie qui ne convient pas souvent au niveau de développement de leurs sociétés, à leurs histoires et à leur foi … Face à cela plusieurs réactions peuvent surgir.

La plus naturelle  est  l’effacement identitaire et l’imitation aveugle de l’autre ce qui est tout à fait explicable  car selon Ibn Khaldûn :
« La raison en est que l’âme voit toujours la perfection dans l’individu qui occupe le rang supérieur et auquel elle est subordonnée. Elle le considère comme parfait, soit parce qu’elle suppose faussement que sa propre subordination n’est pas une suite naturelle de la défaite, mais résulte de la perfection du vainqueur. »
La deuxième réaction qui est plus « défensive  » consisterait à un repli sur soi afin d’éviter toute influence extérieure.

Les deux réactions citées reflètent un manque de confiance en soi et conduiront toutes les deux aux désastres car elles engendreraient la continuité des rivalités ayant conduit aux guerres les plus destructrices de l’humanité.

La solution consisterait selon Roger Garaudy  à:
« Réaliser une révolution culturelle profonde qui donne à la culture sa véritable mission : non plus nous acheminer par le positivisme athée et l’individualisme vers le désespoir, mais faire prendre conscience des fins et du sens de la vie et de l’histoire.  »

Pour ceci,  il fallait avant tout faire un effort personnel afin de bien connaître sa propre culture et son apport à la civilisation humaine, connaître la culture d’autrui loin de toute vision réductrice, et enfin faire valoir sa culture à la lumière des spécificités et des points communs qu’elle a avec celle d’autrui.

Je cite ici ce qu’a dit Goethe : « Qui se connaît soi même et connaît les autres saura également reconnaître ceci : L’Orient et l’Occident sont indissolublement liés. »

C’est en mettant en évidence la complémentarité et les richesses de leurs cultures que les humains pourraient construire une civilisation dans le cadre du respect de la planète, de l’environnement et de la dignité humaine. Ceci apporterait l’âme d’une nouvelle vie en commun pleine d’espérance et de progrès.

    Chamseddine

décembre 6, 2006 Publié par khomsa | Culture, Essais, Reflexions | | Un commentaire

Le paradoxe de l’affamé sans dents à la fève

C’est l’histoire d’un bonhomme qui a faim. Il a tellement faim qu’il serait capable de manger du sable. Ça faisait tellement longtemps qu’il n’a pas mangé. Tellement longtemps que son estomac s’en est retrouvé rétréci, fragilisé par toute cette quantité de suc digestif qu’il produit dès que le bonhomme pense à la nourriture.

Mais cet homme a un trésor dans la main, un trésor qui peut lui sauver la vie : il a une fève. Mais il ne peut pas la manger. Pas de chance, le bonhomme n’a aucune dent dans sa pauvre bouche toute sèche. L’avaler entière serait suicidaire. Son estomac ne supporterait pas le choc avec cet aliment compact. Que faire ?

Un proverbe Tunisien dit que donner une fève à un bonhomme qui n’a pas de dents serait gâchis. En effet, cet homme est incapable de manger la fève. C’est dommage. C’est dommage aussi qu’en étant citoyen de ce pays où on est libre de s’exprimer, de dire ces opinions, de crier haut et fort ses principes, qu’on ait dans les mains un outil aussi puissant que cette liberté. C’est dommage de bénéficier de cette liberté reconnue par le pays entier, jusqu’aux plus hauts fonctionnaires de l’état, et de rien en faire. Dommage de jouir de cette « démocratie » acquise de droit, incontestable et sur le fondement de laquelle tout le monde est d’accord. Oui, c’est dommage, parce que les français ce sont des bonhommes sans dents à la fève. Ils ont la fève mais ils ne savent pas trop quoi en faire. On leur dit : « d’accord là ça ne va pas trop comme vous voulez mais vous pouvez changer ça ! » Ils disent : «  Bof, on en a rien à faire, les politiciens sont tous pareil, et puis qui fait quoi déjà ? Fabius c’est le ministre de l’environnement ? » 

Cependant, les français ont faim de changement. Ils en seraient capables de voter les yeux bandés. C’est ça le pire. On entend : « Ouais, lui il est sympa il parle bien à la télé, je crois que je vais voter pour lui ». Ça serait comme avaler la fève entière.
Non, les politiciens ne sont pas tous pareil : si on pense qu’ils sont tous cons, eh ben pourquoi ne pas voter pour le moins con ? Il doit bien y en avoir un non ? C’est mathématique.

Au moment où j’écris les résultats des élections ne sont pas encore apparus. Doit-on s’attendre à quelque chose du même genre qu’en 2002 ?

        A suivre …

 Monia

décembre 6, 2006 Publié par khomsa | Reflexions, Société / Society | | 3 commentaires

Identités et sociétés

On entend toujours parler de l’identité, de problème d’identité, de renégat d’identité, voire conflit d’identité. À quoi correspond l’identité ? C’est quoi au juste ce terme ? Et pourquoi devrait-on la conserver? Sinon comment la conserver?

Jeune on me dit t’es tunisien arabe et musulman voire d’une certaine tribu avec ses qualités et ses défauts, on entend dire par cela que je dois parler arabe, ou à défaut un dialecte apparent, et pratiquer l’islam comme religion, encore faut-il que j’aie une religion, et dessus tout je dois suivre les traditions tunisiennes pour imposer -du moins montrer une certaine fierté- ma culture. Le problème dans tout cela n’est pas la nature elle même de ces identités mais le facteur commun qui en décide de ces composantes qui n’est autre que mon environnement de naissance. Supposons que moi-même je suis né en argentine et bien je serai plus tunisien mais argentin (cela va de soi) et par conséquence je dois suivre la culture argentine et le modèle argentin. Et moi dans tout cela, pourquoi me choisirai-je un modèle à moi fabriqué de toute pièce selon les convictions dont je suis convaincu, des convictions que j’accepte et que j’adopte pas des convictions qui me sont imposées, certes cela ne nécessite pas un grand effort j’ai qu’à me dessiner un modèle et le suivre, sauf que dans ces conditions je serai probablement nié par mes semblables tunisiens et pas totalement accepté par une autre communauté pour une seule raison, que je serai toujours considéré comme tunisien quoique je fasse, on dirait un sort qui m’est jeté (c’est pas le cas si ça rassure quelques uns). Vous me direz pourquoi? Eh bien l’être humain accepte l’autre dans sa bulle tant que ça lui convient, le jour où il y a un désaccord la première chose qui apparaît en surface est la différence des cultures et les origines de l’autre : “il est vraiment sympa lui, mais dommage il fait des bourdes parfois. Normal vu ses origines ” hé oui ’ses origines’ ce truc qui nous lâchera pas toute notre vie. On n’a qu’à regarder l’histoire humaine pour s’en rendre compte, ex en argentine on donne le surnom “el turco” pour ceux qui ont des origines arabes et ce jusqu’à maintenant même si la dernière grande vague d’immigrants arabes date d’un siècle maintenant, d’ailleurs ça date de l’empire ottoman le surnom.

Tout cela pour dire qu’en fait on ne choisit pas son identité mais on l’hérite, pourtant on l’assume. Le plus souvent face à une telle situation deux réactions se montrent, la première et de faire tourner son dos à tout ce qui le lie à cette “identité” ou cette “définition”. Aussi bien ses défauts que ses qualités et c’est le chaos total. On s’imprègne d’une nouvelle identité, une nouvelle vie, une nouvelle culture et pourtant il en reste des  résidus de son ancienne culture, des résidus qui lui font des piqûres de rappel de temps à autre, des piqûres qui font le plus souvent mal. La deuxième est de se replier à son identité, s’en fermer et refuser tout intrus. Ce qui ramène le plus souvent à une attitude agressive envers l’autre puisque tout étranger est accusé d’être le diable qui veut convertir tout le monde et dissoudre leur culture. Mais surtout ça donne un effet de stagnation de culture. Ce refus d’ouverture, en  prenant de l’ampleur et devenant un phénomène de société, la ramène à s’arrêter sur ses acquis et arrêter ainsi toute possibilité de développement culturelle soit-elle ou sociale.

Finalement le problème se pose plus au niveau de la société qu’à celui de l’individu. En effet le choix de l’individu a une influence assez limitée, elle concerne un cercle assez restreint. Par contre l’attitude de la société ou plutôt le choix de la société touche beaucoup plus d’individus, par conséquent il a plus d’influence et ça peut engendrer des dégâts importants quand c’est mal encadré. On peut prendre exemple certaines sociétés anciennement colonisées. Après l’indépendance, deux attitudes globales sont à constater. La première, qui a surtout accompagné la marche vers l’indépendance, considère l’occupant comme un mal absolu. Donc on refuse tout ce qui a le moindre rapport avec cet occupant et l’évolution ne doit se baser que sur les valeurs de la société sans pour autant ce contenter de critiquer ou de changer ce qui devrait l’être. Cette attitude n’était pas organisée ni étudiée. C’est une réaction spontanée adoptée par la société ou ce qu’on appelle plus communément le peuple. La deuxième attitude est celle adoptée par une poignée d’hommes au pouvoir. Ou plutôt ceux qui ont pu se procurer le pouvoir à ce moment et qui avaient posséder les reines du pays. Celle là considère le colon comme exemple à suivre, vu qu’il est plus développé. Cette attitude ira parfois jusqu’à nier voire effacer certaines valeurs et repères de la société au profit de celles importées d’ailleurs. Ce point de vue a été appliqué et imposé au reste. Le problème n’est pas le modèle en soi mais le fait que son application soit imposée sur une société qui le refuse d’ores et déjà, ça devient encore plus important quand on fait de sorte de ne pas entendre l’autre voix. L’autre voix est la troisième attitude qui n’est autre qu’une adaptation des deux dernières attitudes. Son principe est simple, il faut préserver les repères de la société et ses valeurs et faire adapter les développements d’autrui, on conclut que le modèle social d’autrui est toujours refusé. Ce dernier point est en désaccord avec le modèle imposé qui se base sur une idée importante “tout le mal vient du modèle social, il faut le changer pour pouvoir évoluer”, une idée qui n’est pas adopté par tout le monde. C’est autour de cette idée que se pose toute la polémique. Est-ce le changement social qui conduit au développement technologique scientifique et autre ou est-ce le développement qui pousse vers le changement social ? Même plus est-ce que le changement social est si nécessaire que ça ?

 Hamza

décembre 6, 2006 Publié par khomsa | Essais, Reflexions, Société / Society | | Pas de commentaire

Dubaï, portrait d’un Emirat mégalo et autiste.

De retour de quatre jours à Dubaï, les mots manquent pour décrire cet Emirat qui n’a pas grand-chose à voir avec son paisible voisin omanais. Bienvenue dans une ville qui semble entièrement conçue pour les voitures et où les rares piétons qu’on aperçoit sont des travailleurs d’Asie du Sud Est, ruche ouvrière qui exécute des plans d’urbanisation toujours plus fous. Nous sommes bien loin du désordre, vacarme et odeurs du Caire…

 

Dubaï, mélange de Disney Land et de clips libanais.

Dubaï…La ville rappelle Disney Land. Ses habitants, quant à eux, rappellent les stars des clips libanais ou tout du moins des imitations plus ou moins réussies. A Dubaï les filles s’habillent et se maquillent comme le ferait une française pour aller à un gala. Les jeunes filles se mettent sur leur trente et un pour aller manger un simple kebab ou fumer une chicha.

 

Dubaï ou l’Ibiza arabe

Il est difficilement concevable que le paradis des « jets-setteurs » arabes ne soit qu’à quelques centaines de kilomètres de la Mecque… Les filles en micro (et non pas mini) jupes et aux décolletés plongeants sont légion. Il y en a autant si ce n’est plus, que des femmes en abaya. Les calculs deviennent difficiles quand on sait qu’une femme en abaya le jour peut se transformer en « jet setteuse » le soir.

 

Un Emirat  avec peu d’Emiratis.

Il est presque rare à Dubaï de croiser des Emiratis. Les expatriés représentent, en effet, 80% de la population. Pour voir des Emiratis, allez au City center, plus grand centre commercial du Moyen Orient. Hommes en dishdashas et femmes en abaya se mêlent aux expatriés arabes, asiatiques, africains et occidentaux. Tout le globe semble d’être donné rendez vous dans un centre commercial. Un spectacle hautement intéressant sociologiquement et qui donne véritablement envie de se consacrer à l’écriture d’un mémoire de recherche consacré aux sociétés du Golfe arabe.

Le regard aiguisé, nous sommes, mon amie Aziza et moi, maintenant aptes à reconnaître d’un seul coup d’œil l’Omanais (coiffé d’un chapeau tissé rappelant ceux des habitants d’Afrique de l’est), le Saoudien conservateur (sa femme porte le niqab), le Saoudien fashion victim de Jeddah (sa femme porte le niqab mais lui un tee shirt Diesel), la Koweitienne (maquillée comme un camion volé), le Maghrébin qui la joue khaliji (il a beau se tuer à parler un arabe qui n’est pas le sien, son accent le trahit), la Libanaise (refaite), la prostituée russe…. Un sacré spectacle !

 

Dubaï : démesure et superficialité.

Dubaï : plages de rêves, buildings dignes de New York, routes à faire pâlir l’Europe. Malgré le confort que cette ville offre, elle laisse une terrible impression de superficialité au visiteur.

Les exemples prouvant la démesure et superficialité de l’Emirat ne manquent pas. On peut skier par exemple à Dubaï alors que le thermomètre affiche 45°C à l’ombre.

Dubaï, également forte de l’idée selon laquelle toutes les grandes métropoles mondiales ont leur « China Town » a « importé » tout simplement des Chinois qu’elle a parqués dans une espèce de grand parc d’exposition. Dans ce hangar, nos amis chinois se partagent stands et boutiques dans lesquels ils vendent des produits made in China bien sûr mais aussi toute une panoplie de produits locaux. Les Emiratis ne semblent pas avoir compris que la formation des China Town dans le monde entier est le fruit de processus historiques et sociaux complexes. L’argent ne permettra jamais aux Emiratis d’acheter l’histoire qui fait tant défaut à leur pays. 

On connaissait déjà les îles dubaïotes artificielles en forme de palmiers, il y aura bientôt de nouvelles îles à Dubaï représentant cette fois chacune un pays du monde. Vu du ciel, on pourra apercevoir une grande mappemonde. Bientôt, en somme, vous pourrez acheter la France et y vivre à Dubaï.

 

L’autisme des Emiratis.

Les quatre jours passés à Dubaï ne permettent bien évidemment pas de tirer des conclusions sur cette ville. On ne peut à ce stade que parler d’impression. « Autistes », c’est le terme que j’utiliserais volontiers pour qualifier nos amis Emiratis et Arabes vivant à Dubaï. Ceux ci donnent l’impression de vivre dans une bulle et d’avoir perdu, s’ils l’ont jamais eu, le sens des réalités. La folie des Emiratis les pousse jusqu’à dépenser le triple du prix de leur voiture pour acquérir la plaque d’immatriculation de leurs rêves. Plus le nombre de la plaque est petit plus le type est riche et veut que cela se sache. La voiture de l’homme à la plaque d’immatriculation 003 que nous avons pu apercevoir n’avait pas de vitres teintées contrairement à la majorité des voitures à Dubaï  «because  he wanna be seen » nous expliquait une amie omanaise.

L’ « autisme » des Emiratis et Arabes du Golfe est d’autant plus choquant que parallèlement à leur monde de strass et de paillettes existe un autre monde à l’opposé du leur : celui des travailleurs du sous continent indien que l’on peut voir travailler jusqu’à des heures avancées de la nuit sans que cela ne paraisse véritablement choquer personne.

 

La frustration amoureuse, fait de société à Dubaï qui vient ruiner l’idée selon laquelle l’argent peut tout.

La croyance selon laquelle il est possible de tout avoir moyennant finance est largement répandue dans le Golfe arabe. Si l’argent permet de se rendre maître l’espace d’une nuit du corps d’une femme, il échoue cependant à acheter son amour. La frustration amoureuse est un fait largement palpable à Dubaï.

Les virées en voiture des célibataires sont un spectacle en eux mêmes. Des hommes à la recherche d’aventures sortent au volant de leur plus belle voiture (car ils en ont bien évidemment plusieurs). Exhibant leurs atouts (leur voiture dans un premier temps, le reste viendra après dans l’intimité) aux jeunes femmes, ils tentent de les séduire. La vitre teintée baissée, on ne peut apercevoir que leur turban et leurs yeux de faucons qui scrutent avec grand intérêt chaque voiture. Si une jeune fille est à leur goût et que sa vitre baissée, ils n’hésiteront pas à lui lancer un bout de papier sur lequel ils auront pris le soin, au préalable, d’inscrire leur numéro de téléphone. En Oman, j’avais assisté à une scène quelque peu similaire à la plage. Une personne avait tracé des cœurs sur le sable et avait laissé son numéro de téléphone. A chaque pays ses particularités !

 

Un des grands fléaux à Dubaï est, sans conteste, celui de la prostitution. Il y a véritablement de quoi satisfaire tous les goûts : Maghrébines, Asiatiques, Africaines, Européennes… Le goût des Emiratis se porte particulièrement sur les Marocaines qui forment une grande partie du contingent des prostituées de luxe au point qu’il est fortement recommandé aux Marocaines se trouvant à Dubaï d’éviter de divulguer leur nationalité tant celle-ci est en passe de devenir un synonyme de « prostituée » dans la vie courante.

J’avais toujours cru, naïvement, que l’on ne trouvait des prostituées que dans les endroits un peu louches et glauques des grandes villes. A Dubaï la prostitution est quasiment présente dans tous les lieux de sorties (restaurants, boîtes…). Même les restaurants chics n’échappent pas à cette règle. En plus de la variété ethnique des prostituées à Dubaï, il y en a pour toutes les bourses. Un commerce bien démocratique que celui de la prostitution !

 

Derniers moments à Dubaï.

A ces petites sorties se sont ajoutées des virées dans les malls (une institution à Dubaï), le souk de l’or et la belle plage d’Al Jumeira, de quoi avoir un petit aperçu de la vie à Dubaï…

Après ces quatre jours exténuants (tant physiquement que mentalement), je suis ravie de retrouver mon beau petit Sultanat d’Oman qui a su garder authenticité et modestie. Ravie de t’avoir connu ô Dubaï, tu m’as bien fait tourner la tête pendant quatre jours et quatre nuits mais c’est bel et bien Mascate qui a gagné mon cœur par son charme, son calme et sa douceur !

            Conclusion après les quatre jours passés  à Dubaï : VIVE MASCATE !

Amira S.

 

décembre 6, 2006 Publié par khomsa | Voyage / Travel | | 3 commentaires

Un séjour dans la “Big Apple”

« New York est une ville debout, sous le signe des temps nouveaux. C’est une catastrophe, mais une belle et digne catastrophe.» (Le Corbusier)

Vous avez certainement entendu parler ou peut être visiter l’état de New York et plus précisément New York City qui s’avère la principale agglomération des Etats-Unis. Cette ville, surnommée «The Big Apple », est composée de 5 districts qui sont Manhattan, Brooklyn et Queens, Bronx, Staten Island. Cette ville m’a accueilli chaleureusement pendant l’été dernier, donc j’ai voulu vous faire partager l’expérience que j’ai vécue dans ce bout du monde et pourquoi pas vous encourager à avoir la vôtre.

 

Je me suis toujours demandé qu’est ce qui a fait des Etats-Unis la force mondiale la plus dominante et j’ai souhaité pouvoir côtoyer des Américains et explorer leur culture et pensée. En participant au programme d’échange ICCP « International Camp Counsellor Program » j’ai eu la chance de relever ce mystère.

Tout d’abord, mon voyage vers New York était très excitant, le vol a duré 8 heures et comme la différence horaire entre Paris et New York était de 6 heures, j’avais revécut 6 heures de plus. C’était en fait le jour le plus long que j’ai jamais vécut mais c’était aussi l’un des plus merveilleux. Lors de mon arrivée à l’hôtel, j’ai rencontré presque toutes les nationalités du monde réunies par l’hospitalité des responsables du programme. On dirait que toute la terre était invitée. J’ai rencontré des gens qui ne me partage que l’amour pour le voyage et la curiosité et la connaissance de l’anglais était notre seul moyen de communication.
Bien qu’on venait de se connaître nous étions aussi ouverts les uns sur les autres comme si on se connaissait depuis toujours. En fait nous avons partagé tant de caractère avant même qu’on s’est rencontré : le respect de l’autre, l’amour des différences et la soif pour connaître les différents cultures du monde. Je me suis trouvée pour la première fois face à un public de quelques centaines de personnes pour me présenter et présenter mes origines et ma culture en Anglais. Au début, j’avais la trouille mais en voyant le regard attentif des interlocuteurs, j’ai pris confiance en moi. J’ai senti que je n’étais pas une simple étudiante mais j’étais la représentante de mon pays et de ma culture face à du public international.
Le jour d’après chacun a pris son chemin vers le camp où il a passé le reste de l’été.

Moi je suis restée à New York, j’ai travaillé dans village dédié aux handicapés, en tant que Camp Counsellor. Qui pourrait imaginer, vivre au près de la montagne au bord d’un lac entourée de la verdure dans l’état de New York !! Dans mon lieu de travaille j’ai aussi rencontré une famille internationale gouvernée par le respect de l’autre, l’ouverture sur les différences et la fraternité. Nous avons partagé des moments difficiles dans le travail ainsi que des moments de bonheur. C’était pour moi une occasion très enrichissante à propos des autres cultures, des problèmes contemporains des gens de mon age et elle m’a permis aussi de présenter ma culture et de la définir pour ceux qui ne l’ont jamais connu.
En plus, c’était une occasion pour mieux me connaître, mieux m’évaluer. J’étais même devenue très ponctuelle et j’ai découvert en moi une capacité énorme d’énergie. J’ai travaillé dans différents groupes ce qui m’a permis de mieux connaître les gens, améliorer ma compréhension des différents caractères et même de gagner des amis fidèles qui ne cessent de me contacter jusqu’à nos jours.

Jusqu’à maintenant je n’ai pas parlé des Américains. En fait mon vrai contact avec eux était pendant les week-ends que je passais en général dans le centre ville. Ces gens sont très chaleureux et sont toujours prêts à vous offrir leur aide et vous guider. Ils sont très sympathiques mais ils ne tolèrent pas la négligence et le non respect des horaires du travail ou des rendez-vous même avec leur proches ou leurs amis. Ils sont stricts et dévoués au travail.

 

A New York, j’avais rencontré des gens de différentes classes, il y en a même des petits marchands qui ont placé leurs stands aux bords des rues pour vendre de la nourriture ou des livres ou des souvenirs. Il y avait aussi des quartiers de différentes nationalité : le quartier chinois qui vous porte vers la chine, le quartier italien qui vous permet d’explorer le mode de vie des italiens…

De point de vue architecture cette ville, est gigantesque et s’est développée en hauteur, Lower Manhattan est en fait un groupement de grattes ciels ayant au minimum une soixantaine d’étages. Les rues sont très vastes et le transport privé et très développé contrairement au transport public qui est toujours inconfortable et dans des « subways », des métros souterrains étouffants.

 

Vue la diversité du peuple Américain, on peut trouver tout genre de cuisine, la cuisine chinoise, japonaise, italienne, mexicaine… mais pas de cuisine purement Américaine pas même un seul plat caractéristique. Par contre on trouve des tonnes de fast food : Subway, Burger King, Macdonald bien sûr, Pizza hut…

J’espère que je vous ai donné une idée générale sur cette ville qui je pense vaut la peine d’être visitée et dont le peuple est très sympathique et bien cultivé.

Dorsaf

décembre 6, 2006 Publié par khomsa | Voyage / Travel | | Pas de commentaire

Le statut de la femme dans la société tunisienne

Dans les pays où l’islam est la religion de l’état, un courant de pensée se développa au lendemain de leur indépendance  pour affirmer que l’islam ne rime pas forcement avec archaïsme et sous-développement. Et c’est ainsi que quelques pays musulmans optaient à des degrés différents, pour la modernité en adoptant une politique soucieuse du respect des droits de l’homme et des principes universels.

 Or, le pays de référence semble être la Tunisie et l’on ne trouvera pas mieux pour illustrer nos propos que de parler des droits de la femme. En effet, celle-ci occupe depuis des décennies une place de choix au sein de la famille mais également et surtout dans la société.

 Au sein de la famille d’abord car soucieux de rompre avec un passé peu glorieux où la femme était soumise et gardée au foyer, le législateur tunisien n’a pas  manqué de courage ni d’inspiration pour faire d’elle un membre actif et influent de la société et un partenaire à part entière. Dans ce cadre, la lecture du code du statut personnel promulgué depuis un demi-siècle (le 13 août 1956) est édifiante à plus d’un titre et l’importance des mesures prises n’est plus à démontrer.

  Aussi, ne doit on pas s’étonner que la femme tunisienne, devenue légale de l’homme, soit traitée avec égard et considération et fasse prévaloir ses droits sans complexe ni discrimination.
D’ailleurs, la réforme, pluridimensionnelle, est d’une ampleur telle qu’elle déborde le cadre de notre publication. Ainsi, doit-on limiter nos commentaires à certains aspects que nous croyons plus révélateurs que d’autres :
    -la scolarisation obligatoire a consacré l’égalité des chances et permis aux filles, au même titre que les garçons, de faire des études, d’intégrer l’université et de choisir librement la profession qu’elles désirent exercer.
    -Les mariages forcés n’étant plus qu’un mauvais souvenir, la liberté de se marier avec la personne de son choix est désormais consacrée par la loi qui, tout en exigeant un consentement éclairé, fixe l’âge minimum pour la femme à 17 ans : article 5 du code du statut personnel.
    -L’égalité des époux étant depuis consacrée par loi, ceux-ci assurent désormais ensemble la direction morale et matérielle de la famille et pourvoient à l’éduction des enfants, toute décision ayant trait à ces sujets doit être prise par les deux époux : article 23 du code précité, et le mari ne dispose  désormais d’aucun pouvoir d’administration sur les biens propres de sa femme : article 24 du même code.

Dans le même ordre d’idées, la polygamie est interdite : article18 du C.S.P. Cette interdiction a fait couler beaucoup d’encre et opposé conservateurs et progressistes. Elle a également suscité des réactions hostiles et des manœuvres frauduleuses de la part d’époux soucieux de   conserver leurs privilèges. Ce qui a amené le législateur à réviser plusieurs fois les textes en vigueur et ce dans le sens de la sévérité. Par ailleurs, le divorce, que seul le tribunal de première instance peut prononcer, est venu supplanter la vieille et triste institution qu’est la répudiation : article 30 du même code.
-Se devant enfin de sauvegarder la dignité la femme divorcée, le législateur a pris soin de lui assurer les moyens de mener une vie décente et ce en obligeant le mari qui demandé le divorce abusif de lui verser en sus de la pension alimentaire une indemnité sous forme de capital ou de rente viagère le choix de la femme (article 31 C.S.P).

    -Concernant ensuite la place que la femme occupe dans la société, les lois en vigueur lui permettant de jouer pleinement son rôle .En effet, grâce à sa capacité d’influencer le cours des évènements et son aptitude à accompagner les mutations sociales, la femme a réussi à s’imposer et à accéder à toutes les fonctions surtout que le mouvement d’émancipation de la femme du début du 20ème siècle est bien ancré dans les faits et les esprits. C’est ce qui explique que la femme ait pu contribuer avantageusement et de façon efficace aux avancées que l’on connaît et qui font la fierté du système social tunisien.

Et si cela mérite d’être relevé et souligné c’est parce qu’il constitue indéniablement un témoignage devant être mis à d’actif de la femme tunisienne  qui a su vaincre les résistances et réussi à déjouer les plus redoutables tentatives de marginalisation. Mais c’est aussi un juste motif de satisfaction : la quasi-totalité des professions se sont féminisées, est celles qui étaient jusqu’alors strictement réservées aux hommes lui sont désormais ouvertes. Et l’on trouvera sans peine des femmes à tous les échelons de l’administration et dans tous les secteurs d’activité du chauffeur de taxi au ministre en passant par l’agent de police ou la femme médecin.

 En somme, la femme tunisienne a réussi, au fil des décennies et au prix de certains sacrifices, à se faire une place et à forcer l’admiration. Certains trouvent même qu’elle est trop ambitieuse et qu’elle empiète sévèrement sur le terrain réservé aux hommes. On parle parfois de bras de fer, et cette opposition ne manque pas d’influer positivement sur l’évolution de la société tunisienne.

Hind

décembre 6, 2006 Publié par khomsa | Uncategorized | | 2 commentaires

Un détour par l’Argentine

L’article qui, selon l’idée initiale, se voulait être un « zoom sur les Tunisiens en Argentine », a dû subir des mutations face au manque de coopération de l’Ambassade de Tunisie à Buenos Aires qui semble avoir réussi le tour de force de (dé)former son personnel argentin aux standards de nos administrations tunisiennes. A défaut de vous présenter ainsi nos compatriotes de Buenos Aires qui, pour des raisons très diverses et souvent insolites, ont décidé de s’expatrier à 12 000 km de Tunis, c’est à un petit détour par l’Argentine, terre mythique du tango, des gauchos et du Che que vous convie ce mois Khomsa. Alors sans plus attendre : Vamos chicos !

 

Un pays à la diversité surprenante.

Buenos Aires, capitale de 13 millions d’habitants, abrite à elle seule le tiers de la population argentine et a de quoi étonner le voyageur européen qui après plus de treize heures d’avion et près de 12 000 km parcourus, se retrouve dans une ville qui n’est pas sans rappeler Madrid, Rome ou parfois même Paris. La réputation de « Paris du sud » dont jouit Buenos Aires et qui fait sa fierté s’explique aisément quand on sait que la population argentine pour près de 80% est de descendance européenne et que des pierres ont même été rapportées de France dans les cargos qui rentraient vides après avoir livré l’Europe en bétail et céréales.

Si Buenos Aires semble européenne, l’intérieur du pays vous offre un dépaysement inoubliable. A environ 3000 km au sud de la capitale, distance qui équivaut un Paris/Istanbul soit dit en passant, s’étendent les glaciers de Calafate. A la frontière chilienne. Le parc national de Calafate s’étend sur pas moins de 600 000 hectares et a été classé patrimoine mondial de l’humanité en 1981 par l’UNESCO. Les glaciers peuvent atteindre jusqu’à 80 mètres de haut. Le spectacle d’une rare beauté est encore plus poignant à la tombée de pans de glace entier dans le lac.

A environ 1500 km au nord de Buenos Aires, c’est au tour des chutes d’Iguazu de s’étendre, formant ainsi une formidable frontière naturelle entre le Paraguay, le Brésil et l’Argentine. Moins connues que les chutes du Niagara, les chutes d’Iguazu qui peuvent atteindre les 80 mètres de haut sont non seulement plus hautes que ces dernières mais aussi bien plus impressionnantes selon les dires de personnes qui ont eu la chance de pouvoir comparer ces deux merveilles. Les émotions ressenties face à cette merveille naturelle sont difficilement descriptibles. Des passerelles permettent aux visiteurs de parcourir le site naturel et arrivé au dessus de la « garganta del diablo », la chute principale, le coeur s’emballe et les yeux saisis par la beauté unique du spectacle restent incrédules. Cette fantastique vue, qu’une vie entière ne pourra certainement pas effacer, mérite à elle seule le déplacement en Argentine ! Certains Argentins n’hésitent pas à multiplier les voyages à Iguazu, histoire de voir les chutes en été et en hiver, un luxe qui en fait rêver plus d’un !

L’Argentine regorge d’autres merveilles. Calafate et Iguazu ne sont qu’un aperçu de la variété des paysages argentins.

Ils sont fous ces Argentins !

Si les paysages argentins sont décoiffant, qu’en est il des Argentins ? Plusieurs choses attirent l’attention à l’arrivée à Buenos Aires.

La façon de conduire des Argentins tout d’abord. Les Argentins sont de « meilleurs chauffards » que les Tunisiens. C’est difficilement concevable mais pourtant vrai. Les « colectivos », les bus locaux sont dans un piteux état, ils ne roulent pas mais glissent sur la chaussée. Les conducteurs se prennent pour des pilotes de formule 1. L’aventure devient plus effrayante si le chauffeur de « colectivo » se met à écrire des sms pendant le trajet !

La fierté des Argentins ne passe pas inaperçue non plus. Les Argentins ont beau avoir les yeux rivés sur l’Europe, ils ne veulent absolument pas qu’on les confonde avec les « gallegos ». Chose assez paradoxale dans la mesure où les Argentins arguent souvent de leurs ascendances européennes pour se distinguer des autres latinos. L’Argentin a l’air de dire : « ni Européen, ni latino mais Argentin ! ». Cette fierté nationale s’exprime surtout lors de grandes fêtes nationales ou récemment lors de la coupe du monde de football où chaque victoire de l’équipe nationale était suivie d’une grande fiesta en plein centre de la capitale.

 

La télévision argentine mérite également que l’on parle d’elle un instant. Vous ne pouvez pas déprimer longtemps à Buenos Aires si vous avez un poste télé chez vous. Certaines émissions sont d’un ridicule consternant. Le journal télévisé est affligeant. On vous y apprend la mort d’enfants sur un fond de musique techno et puis sans tarder le présentateur vous propose un petit extrait du nouveau clip de Ricky Martin ! On pourrait presque résumer le JT argentin à trois mots : sexe, sang, larmes. Mis à part le Journal télévisé, vous apprendrez avec délectation et images à l’appui des choses aussi intéressantes que les quatre types de cellulite existant, les méthodes pour reconquérir son mari ainsi que les derniers potins hollywoodiens.

 

Les garçons argentins quant à eux donnent presque envie de parler de garçonnes tant la coquetterie des Argentins est prononcée. Il est assez amusant de voir le mal fou que les jeunes Argentins se donnent pour paraître négligé ! Il s’agit là d’un « négligé travaillé » et élégant ou du moins qui se revendique comme tel : une petite barbe de trois jours, les cheveux dans le vent, le regard ténébreux, on retrouve tous les stéréotypes que l’on peut avoir des Argentins et plus généralement des Latinos. Le rapport des Argentins aux femmes a de quoi faire sourire également. Si une jolie femme peut passer complètement inaperçue à Paris, une femme d’une beauté disons moyenne à Buenos Aires se fera toujours flatter dans la rue. A force des les entendre les multiples variantes de « jolie » que lancent à longueur de journée les hommes (« hermosa”,” preciosa”, “divina”, “linda”, “relinda”, “guapa”…), finissent par passer inaperçues. Certains essayent cependant d’innover et avec un peu de chance, mesdemoiselles, vous aurez le droit à un plus original « qué flor tan hermosa ! Se nota que es la primavera ! » (Quelle jolie fleur ! On voit bien que c’est le printemps !). Ce n’est pas à Paris que vous entendrez ça !

La communauté arabo-musulmane de Buenos Aires.

Il existe en Argentine une communauté arabe qui si bien sûr elle n’égale pas en nombre celles des pays européens reste assez importante. Les chiffres exacts sont malheureusement très difficiles à recueillir dans la mesure où cette communauté est surtout composée de descendants de Libanais et Syriens, toujours est-il qu’il n’est pas rare de rencontrer à Buenos Aires des Khalil, Samira ou Yamilé. L’immigration syro-libanaise vers l’Argentine et plus globalement vers l’Amérique latine a débuté à la fin du XIXème siècle, alors que les deux pays étaient encore sous domination de l’Empire ottoman musulman qui a persécuté les ressortissants chrétiens de ces pays. C’est donc avec des passeports de l’Empire ottoman qu’ont débarqué ces immigrants arabes qui ont été surnommés pour cette raison « turcos », appellation qui remplace celle d’ « arabes » jusqu’aujourd’hui !

Si un Argentin vous parle de « El Turco », il faudra comprendre Carlos Menem. L’ancien président argentin, élu en 1989 et réélu en 1995, d’ascendance syrienne s’est converti au catholicisme pour pouvoir assumer la présidence de la République argentine mais n’a pas hésité à faire don d’un terrain de 34 000 mètres carrés dans un des quartiers les plus chics de la capitale argentine afin d’y construire la plus grande mosquée d’Amérique latine financée par des fonds saoudiens. Cette mosquée qui abrite également un collège est d’une beauté sobre et rare et organise des activités aussi variées que des tournois de football, des discussions sur l’Islam ou des cours de langue arabe.

La réalité de l’immigration arabe en Argentine trouve sûrement sa meilleure expression dans la multitude de restaurants arabes et écoles de danse orientale dont regorge Buenos Aires et qui étonne le visiteur non informé des causes de leur existence. Même si le phénomène est (encore) infime, il convient de signaler la présence à Buenos Aires de nouveaux migrants arabes (souvent maghrébins) venus en Argentine avec le seul but d’acquérir la nationalité du pays. Une fois la carte d’identité et le passeport argentins en leur possession, il leur sera, en effet, beaucoup plus facile de se voir délivrer des visas pour les Etats-Unis, le Canada ou encore l’Europe…

Argentina… como y cuando no lo sé… pero sé que regresaré…

Amira S.

décembre 6, 2006 Publié par khomsa | Voyage / Travel | | Pas de commentaire

Immigrés sans visa

Histoire des mots

Les Français ne savent peut être pas tous que la France ne parle pas que sa langue. Car les mots arabes qui la peuplent  se comptent par centaines. Ils sont entrés sans visa ni contrôle, ils envahissent le quotidien des Français. Certes, certains d’entre eux sont des termes scientifiques qui relèvent surtout du domaine des mathématiques (chiffres, algèbre, algorithme) mais d’autres font partie de la vie de tous les jours. Tout naturellement, ils se sont installés dans le français, l’ont enrichi et sont devenus simplement indispensables. 

 CAUSES ET CONSEQUENCES DE L’UMPRUNT

Plusieurs raisons expliquent l’emprunt lexical. Tout d’abord, un mot pour un signifié nouvellement apparu peut manquer dans la langue empruntant le mot. Ainsi, quand de nouveaux animaux, des plantes ou des instruments alors inconnus ont été découverts, leur nom a souvent été directement emprunté aux langues des pays qui les abritaient. Par exemple le mot le mot girafe « zarafa » qui a été emprunté à l’arabe puisque ce sont les arabes qui ont représenté un pont entre l’Afrique et l’occident et donc découvert plusieurs animaux, plantes…de l’Afrique. Le mot café remonte lui aussi à l’arabe « qahwa », transmis au turc sous la forme qahve et passé après en français.

Plusieurs termes français empruntés à l’arabe révèlent des domaines scientifiques. Si l’on songe à l’apport des savants arabes au développement scientifique de l’Europe deux domaines se révèlent directement: les mathématiques et l’astronomie. La civilisation arabe a inventé le système de numérisation utilisé dans le monde entier, l’algèbre, les méthodes de résolution des équations … C’est pour cela que les termes mathématiques sont peuplés de mots arabes comme chiffre qui vient du mot arabe « sifr » qui veut dire zéro et algorithme qui vient de « Al-khawarizmi » le nom d’un grand mathématicien arabe.

En ce qui concerne l’astronomie, on constate que la nomenclature des termes employés est riche en appellations arabes puisque un grand nombre d’instruments de mesure ont été développés par des savants arabes. Les noms les plus connus sont la boussole et l’astrolabe. D’autre part, l’emprunt devient très fréquent grâce à l’interférence linguistique qui a eu lieu leur de la colonisation française aux pays de l’Afrique du nord, la Syrie, le Liban…

L’emprunt peut être direct ou indirect dans le sens où le mot peut passer d’une langue à une autre langue et devient parmi les mots indispensables de celle-ci. Et après à cause d’une interférence linguistique ou autre cause une troisième langue vient emprunter le terme de la deuxième langue. Ce qui est le cas de plusieurs mots, citons à titre d’exemple le mot café qui a été transmis au turc puis passé en français. Prenons un autre exemple celui du mot felouque qui est emprunté à l’espagnol faluca, flouca en arabe. Le mot abricot est aussi passé au français de l’espagnol albaricoque provenant de l’arabe al barquq. Pareil pour alcove « alcoba » en espagnol « al qubba » en arabe et pour arrobe (¼) « arroba » en espagnol « ar rubee » en arabe.

Ce phénomène est dû à l’arabisation de l’Espagne pendant sept siècles « el andalous » car c’est avant tout par l’Espagne que sont passés les grands courants de civilisation entre l’orient et l’occident et qu’ont été transmis les fondements et les apports scientifiques arabes. Cependant, en passant d’une langue à une autre, les mots sont susceptibles d’être adaptés phonétiquement, d’autant plus quand ces mots sont empruntés indirectement. En effet, les systèmes phonologiques des différentes langues ne coïncident que très rarement. Par exemple, le mot arabe cité plus haut, café « qahwa », ne se prononce pas ainsi en français, langue qui ne connaît ni le « q» ni le « h ». Les francophones, empruntant le mot, ont transformé le « q » en « k », qui lui est relativement proche pour une oreille non entraînée. Quant au « h », il est tombé car aucun phonème proche n’existe en français.

En s’empruntant, les mots peuvent changer de sens. Parfois, c’est parce que le mot emprunté a évolué dans la langue d’arrivée que le sens originel s’est perdu. On peut par exemple citer le cas de truchement qui, initialement, signifiait bien « traducteur intermédiaire servant d’interprète entre deux personnes », sens qu’a bien le mot arabe à l’origine « turjumān ». En évoluant en français, le terme en est venu, actuellement, à désigner principalement un intermédiaire pas forcément humain.

En somme, on peut conclure que le terme d’ « emprunt » est mal choisi : une langue n’emprunte pas un mot étranger mais le prend et la langue qui subit l’emprunt ne perd rien. Ses locuteurs n’ont même pas forcément conscience des emprunts en question. Sachant combien les emprunts font subir aux mots des modifications phonétiques importantes.

 Hind

décembre 6, 2006 Publié par khomsa | Culture | | 2 commentaires

Identités meurtrières (Amin Maalouf)

Né au Liban, immigré puis installé en France depuis son jeune âge. Si on lui demande qui es-tu ? Amine Maalouf y répond par un livre. Le problème d’identité ou d’appartenance collective est un sujet qui nous a tous plus ou moins touché. Comment se définir soi-même ? A-t-on vraiment besoin d’une appartenance collective serait-elle nationale, idéologique, religieuse ou ethnique ? Si c’est le cas, jusqu’où en serait-on dépendant ? Pourquoi la première information qu’on demande sur une autre personne est son origine ? Ne pourrait-on pas définir les humains autrement ? Pourquoi a-t-on le reflex de concurrence entre ces appartenances ? Est-on toujours condamnés à ce désir de prévaloir une appartenance sur une autre? De prédominer l’autre ? Parfois même recourir à la violence ? Enfin des questions et des questions multiples qu’on s’est probablement posé un jour ou l’autre. Des questions auxquels on cherche des réponses, ce n’est peut-être pas le livre qui vous donnera toutes les réponses mais il représente une des réponses qu’on peut avoir. En d’autres termes une description des nouveaux enjeux de la civilisation. A lire et à relire.

Hamza

décembre 6, 2006 Publié par khomsa | Culture, Reading / Lecture | | Un commentaire

Borat

« Borat, reporter kazakh, est envoyé aux Etats-Unis par la télévision de son pays pour y tourner un reportage sur le mode de vie de cette nation vénérée comme un modèle». Ceci est le résumé que vous pourrez lire en surfant sur les sites web des cinés ou en lisant un journal. En fait on peut voir le film de plusieurs manières différentes. On peut voir un film de comédie tout simplement, où il s’agit d’une parodie d’un certain goût ( ! ). On peut aussi penser (et on n’aurait pas eu tort) que l’acteur essaye de passer un message. On peut, en effet, apercevoir la lueur d’une critique vis-à-vis de cette grande nation qu’est les USA. C’est audacieux. Le hic avec ce film, c’est qu’à force de vouloir tout faire, le résultat en est une soupe sans goût. Le film est d’un humour lourd digne d’amateurs, et le message que Monsieur Cohen essaye de passer (mais n’y arrive pas trop) est totalement personnel à l’acteur, qui pense ce qu’il pense du Khazakhstan et de l’Amérique. Un film à voir en DIVX ;)

Monia

décembre 6, 2006 Publié par khomsa | Cinema, Culture | | Pas de commentaire